Les sociétés du CAC 40 à une encablure des 100 milliards de résultat net
Avec la publication des performances d’Engie ce jour se termine la moisson des résultats 2017 des entreprises du CAC 40. L’occasion d’en tirer des conséquences exhaustives et de brosser une analyse, y compris prospective, à partir de ces données chiffrées. C’est ce que s’apprête à dévoiler PWC dans le cadre de son étude annuelle sur le sujet.
Au total, les mastodontes de la cote française ont donc frôlé la barre symbolique des 100 milliards d'euros de résultat net avec un total de 97,3 milliards, en progression de 26,5% d’une année sur l’autre et ce, pour un chiffre d’affaires cumulé en progrès de 5,4%. Soit le rythme de progression le plus soutenu depuis 2014. La hausse est effectivement significative par rapport à 2016 qui avait déjà enregistré un excellent millésime au regard de 2015 (+34%). A noter toutefois que cette performance n’est pas un record historique, les sociétés du CAC 40 ayant cumulé 100,34 milliards de profits nets en…2007, juste avant la crise financière de 2008. En 2006, les mêmes entreprises avaient affiché 95 milliards d'euros de bénéfices. S’était ensuivi après 2008 un très important recul de la rentabilité de ces champions mondiaux.
En 2017, le cap des 100 milliards n’a donc quand même pas été franchi. Mais il s’en est fallu de peu. Et les performances annoncées par nombre des membres de l’indice phare parisien sont historiquement élevées. « Les entreprises françaises du CAC 40 profitent d’une économie globale favorable et d’une forte dynamique commerciale. L’Asie rencontre une accélération de sa croissance et celles des Etats-Unis et de l’Europe demeurent solides. Tout cela contribue à la bonne performance de nos champions français”, analyse Philippe Kubisa, Associé spécialiste des marchés de capitaux chez PwC.
Deux secteurs se démarquent plus particulièrement : les matériaux de base (+80,8%) suivi de celui de la santé (+67%) qui profite de la croissance du résultat net de Sanofi de 79,1%. Quant aux secteurs du pétrole et gaz (+32,5%), des biens de consommation (+27,2%) et des sociétés financières (+4,8%), ils affichent une croissance de leur résultat similaire à celle de 2016. Seules les technos (-2,9%) et les telcos (-15,1%) s’inscrivent en berne. En cause, la baisse du résultat net de Capgemini et celui d’Orange, conséquence de l’impact de nombreux événements exceptionnels aussi bien intervenus en 2016 qu’en 2017 (dont notamment l’acquisition de Groupama Bank).
Quelque 17 sociétés ont racheté leurs actions au cours de l’exercice passé : Engie, Michelin, LafargeHolcilm, Safran, Schneider Electric, Vinci, Air Liquide, Technip, Sanofi, Publicis, Sodexo, Axa, Unibail Rodamco, Atos, CapGemini, STMicroelectronics et Orange.
Selon les experts de PWC, 2018 a bien commencé : « Ce niveau de résultat 2017 est la conséquence de la forte croissance du second semestre et du Q4, augurant un bon début d’année 2018 pour les acteurs du CAC 40 malgré de nombreuses incertitudes telles que l’inflation du cours des matières premières, du baril ou encore des taux de change. Enfin, de futures mesures protectionnistes aux Etats-Unis et dans le reste du monde pourraient avoir des conséquences négatives sur les entreprises », nuance Philippe Kubisa. Il relativise toutefois le possible contre-coup d’une hausse des taux plus ample que prévu en soulignant que les grandes entreprises ont déjà renégocié leur dette dans de très bonnes conditions, ce qui leur laisse une certaine tranquillité pour au moins deux ans.
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