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Macro-économie / Taux / Taux de pauvreté

Macro-économie / Taux
Taux de pauvreté

La France compterait moitié plus de pauvres sans la redistribution / Les prestations sociales non contributives représentent 38 % de leur revenu disponible

Alors qu’en 2021, le taux de pauvreté de la France métropolitaine s’élevait à 14,5 % (proportion de la population dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du revenu médian), une étude du service de recherche et statistique des ministères sociaux, rapporte qu’il grimperait de 6,9 points si les prestations sociales non contributives (minima sociaux, aides au logement, prestations familiales et prime d’activité) n’existaient pas.
CHARLIE ABAD / Photononstop / Photononstop via AFP
CHARLIE ABAD / Photononstop / Photononstop via AFP

En France métropolitaine, la redistribution a un impact majeur sur la pauvreté relative. Si en 2021, 9,1 millions de personnes avaient un niveau de vie inférieur à 60 % du revenu médian (définition du seuil de pauvreté qui correspond à un revenu disponible inférieur à 1 158 euros par mois pour une personne seule et inférieur à 2 432 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans), ils seraient 13,5 millions sans la redistribution. C’est ce que nous apprend une étude de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees), service statistique qui agit sous la tutelle du ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités et du ministère de l’Économie.

“Jointes à la fiscalité directe [en particulier l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la CSG et la CRDS, ndlr], les prestations sociales non contributives diminuent le taux de pauvreté de 6,9 points en 2021 : 14,5 % de la population métropolitaine est pauvre, contre 21,4 % qui le seraient si ces prestations et les impôts directs n’existaient pas", rapporte la Drees.

Pour comprendre cet effet, il faut rappeler que les prestations sociales non contributives représentent 38 % du revenu disponible des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Dans le détail, 14 % proviennent des minima sociaux (revenu de solidarité active, allocation aux adultes handicapés et minimum vieillesse), 11 % des aides au logement, 10 % des prestations familiales et 3 % de la prime d’activité.

En comparaison, la part des prestations sociales non contributives représente 12 % du revenu disponible des ménages "modestes non pauvres” (niveau de vie se situant entre le seuil de pauvreté et le 4e décile de niveau de vie soit 1 733 euros par mois en 2021) quand elle est de “seulement” 2 % pour ceux au-delà du 4e décile de niveau de vie.

“À l’inverse, les revenus d’activité et du patrimoine, représentent respectivement 35 % et 3 % du revenu disponible des ménages pauvres, 55 % et 3 % de celui des ménages modestes non pauvres, et 79 % et 11 % pour les ménages au-delà du 4ème décile”, explique la Drees.

En outre, l’étude indique que l’effet de la redistribution sur le taux de pauvreté est particulièrement marqué pour les familles monoparentales (-20,3 points pour celles avec au moins 2 enfants), pour les familles nombreuses (-12,1 points pour les couples avec 3 enfants), pour les moins de 20 ans (-11,5 points), pour les personnes handicapées de 15 ans ou plus (-9,8 points), pour les chômeurs (-11,8 points) et pour les inactifs non retraités d’au moins 18 ans (-12,9 points).

Evidemment, ayant avant redistribution des taux de pauvreté très nettement supérieurs à la moyenne, ces catégories de la population ont, même après redistribution, un taux de pauvreté qui demeure supérieur à la moyenne. Ainsi, "19,3 % des membres des couples avec 3 enfants, 20,5 % des moins de 20 ans et 20,4 % des personnes handicapées de 15 ans ou plus sont pauvres après redistribution. La situation est encore plus dégradée pour les membres des familles monoparentales avec au moins 2 enfants (38,7 % de personnes pauvres), les chômeurs (35,1 %) et les inactifs non retraités d’au moins 18 ans (33,2 %)", lit-on dans l’étude.

Enfin, en 2021, le rapport entre le niveau de vie total des 20 % des individus les plus aisés et celui des 20 % les plus modestes passe grâce à la redistribution de 8,2 à 4,5. De même, le rapport entre le 9e décile de niveau de vie et le 1er passe de 5,9 à 3,4.

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