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exclusif La taxe Tobin made in Italie

EXCLUSIF. La taxe sur les transactions financières italienne entrera en vigueur demain pour les actions, et le 1er juillet pour les dérivés. L'assiette renforce l'imposition sur les transactions de gré à gré.
Le bruit qui entoure les résultats des élections italiennes en ferait presque oublier une date importante dans l'histoire économique du pays : l'entrée en vigueur vendredi de la taxe sur les transactions financières. Approuvée en décembre par le Parlement, la loi prévoit de taxer à 0,12% en 2013, puis à 0,1% les transactions d'actions d'entreprises italiennes dont la capitalisation boursière dépasse les 500 millions d'euros, lorsque celles-ci sont passées sur des bourses traditionnelles ou sur des systèmes multilatéraux de négociation (MTF). L'assiette atteint le niveau français, soit 0,2% (mais relevé à 0,22% en 2013), lorsque les titres de sociétés sont échangés de gré à gré (OTC). Petit clin d'oeil à l'Hexagone : "En incluant les dérivés sur actions, le but est d'éviter que les gens aient la possibilité d'éviter de payer la taxe sur les transactions financières", avait expliqué à l'occasion du vote de la loi Marco Ragusa, spécialiste des services financiers chez Ernst&Young à Milan. Le gouvernement espère tirer 1 milliard d'euros de recettes de cette taxe Tobin. Cependant, certains analystes considèrent que les rentrées seront nulles puisqu'elles seront compensées par la baisse des revenus tirés de l'imposition des plus-values. Le trading à haute fréquence, principale bête à abattre, va quant à lui être imposé à 0,02% de chaque échange modifié ou annulé, dès lors que ces ordres dépassent 60% des échanges quotidiens. Pour que l'économie réelle ne soit pas pénalisée par la taxe, la loi prévoit plusieurs exemptions. Ne seront pas concernés : les opérations touchant le gouvernement italien, ou ceux de l'Union européenne, les fonds de pension qu'ils soient italiens ou européens, les transactions intra-groupe, les émissions d'actions, les instruments de dette etc. Le texte précise que la taxe financière ne s'appliquera pas non plus aux échanges intra-journaliers. Pour ce qui est des dérivés, ces derniers seront taxés à compter du 1er juillet 2013. Le taux applicable variera en fonction de la nature de l'instrument : warrants couverts, bons de souscription d'actions et certificats. La taxation pour ces trois catégories ne devrait pas pouvoir excéder les 200 euros.
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