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France : ces régions qui ont le plus profité du plan de relance / La Guyane en pole position
Certaines régions de France ont tiré leur épingle du jeu dans le cadre du déploiement de plan de relance de 100 milliards d’euros. Lancé en septembre 2020 quelques semaines après la fin du premier confinement, France Relance avait pour objectif d’une part que l’économie hexagonale retrouve son niveau d’avant-crise au plus tard à l’été 2022 et d’autre part que la compétitivité des entreprises soit dopée et que l’ensemble des acteurs économiques soit préparé aux enjeux de long terme. Fin 2023, 93 milliards d’euros avaient été engagés.
Dans une étude, les économistes de France Stratégie, institution rattachée à Matignon, ont essayé d’identifier quels territoires avaient le plus profité du plan. Ils sont parvenus à sourcer 68 milliards d’euros. Se pose ensuite la question de savoir comment corriger ce montant selon la région pour déterminer laquelle en a le plus bénéficié. “Le plan de relance ayant vocation à retrouver le niveau d’activité économique antérieur à la crise, il est donc justifié de comparer sa distribution régionale avec la distribution régionale de l’activité économique plutôt que de rapporter les montants distribués à la population, approche à privilégier dans une logique d’équité”, soutient l’étude, qui a donc rapporté le montant perçu à la masse salariale privée région par région faute de pouvoir s’appuyer sur le PIB à cette échelle.
“Si l’Île-de-France a reçu les plus gros montants par habitant, c’est que l’activité économique y est largement localisée, et quand on rapporte les montants distribués à la masse salariale privée, elle chute alors à la neuvième place. À l’inverse, la Guyane est la mieux placée lorsqu’on rapporte les montants reçus à sa masse salariale privée, mais elle chute à la treizième place lorsqu’on rapporte les montants reçus à sa population”, montre l’étude.
Il convient de rappeler que le plan de relance se base sur trois piliers : l’écologie (aide à la relance de la construction durable, décarbonation de l’industrie, MaPrimeRénov’etc.), la compétitivité (aides à l’innovation, investissements en fonds propres (PIA) ou encore réduction des impôts de production) et la cohésion (aide au contrat de professionnalisation, aide exceptionnelle à l’apprentissage, compensation des pertes de recettes des collectivités territoriales, développement du numérique sur l’ensemble du territoire entre autres).
Sur la compétitivité, les régions les mieux dotées sont l’Île de-France (83 % de sa masse salariale), l’Auvergne-Rhône-Alpes (60 %) et les Hauts-de-France (57 %) tandis que ce sont la Normandie (53 % de sa masse salariale mensuelle), la Réunion (50 %) et l’Occitanie (46 %) sont les plus grands bénéficiaires concernant la cohésion. Sur l’écologie, la Guyane (106 % de sa masse salariale mensuelle), l’Occitanie (70 %) et la Bourgogne-Franche-Comté (63 %) occupent le haut du classement.
D’après l’étude, ces résultats traduisent "la diversité des dispositifs, soutenant à la fois la demande (par le biais de subventions, de guichets) et l’offre, ainsi que la dualité du plan avec un horizon à court et long terme". Dans le détail, "l’objectif conjoncturel visant à retrouver le niveau de l’activité économique d’ici l’été 2022 était principalement porté par les mesures telles que les politiques de soutien aux travaux de rénovation énergétique, les aides exceptionnelles à l’apprentissage, l’activité partielle de longue durée, qui ont bénéficié à l’ensemble des territoires", lit-on dans l’étude, qui remarque qu’en revanche, "l’objectif d’amélioration de la compétitivité et de transformation de notre économie était porté par des mesures telles que la réduction des impôts de production ou encore le soutien au développement des marchés clés et à l’innovation, davantage orientées vers des zones denses et industrielles".
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