L'Espagne et la France passent le test des marchés
EXCLUSIF.
Les taux sont en hausse par rapport aux dernières émissions, mais la demande reste soutenue. L'hémorragie sur l'Espagne semble s'être apaisée.
Espagne et France, deux pays que les investisseurs surveillent de près depuis quelques semaines, ont passé le test des marchés sans trop de mal ce matin. La première a levé pour 2,51 milliards d'euros à 3 et 5 ans, pour la première fois depuis que S&P a dégradé l'Espagne de deux crans la semaine dernière. Les titres à échéance 2017 se sont adjugés à un taux de 4,75%, contre 4,32% début avril, et ceux à échéance 2015 à 4,04% soit également au-dessus des taux du mois dernier. "Les taux sont plus élevés mais ne font que refléter l'état du marché actuel, qui s'est sensiblement tendu. En revanche, la demande continue d'être soutenue", explique Jean-François Robin, analyste chez Natixis.
La demande a été 3,6 fois supérieure à l'offre, soit supérieure à celle de la dernière adjudication. "Les taux à dix ans ne sont pas revenus au-dessus de 6% depuis une dizaine de jours, l'hémorragie semble s'être calmée", poursuit l'analyste. Surtout, le pays a désormais réalisé 52% de son programme d'émissions pour 2012. En cas de trop forte pression sur ses taux, il pourrait décider de se retirer du marché, le temps nécessaire pour retrouver des niveaux de taux corrects. L'Espagne est le pays le plus avancé de l'UE dans son programme. Il n'est cependant pas certain qu'il n'ait pas recours au soutien européen, au moins pour soutenir son secteur bancaire, très affaibli. Mais elle ne devrait pas en faire la demande dans l'immédiat, selon les analystes.
L'Hexagone a levé dans le même temps 7,4 milliards d'euros à 5, 9, 10 et 14 ans. Les taux sur le dix ans étaient ce matin moins élevés que début avril, de 2,96% contre 2,98%. "Malgré les élections, la France continuera de placer sa dette et de trouver de la demande. Ce qui importera sera le taux auquel elle adjugera ses titres, et à priori, ceux-ci devraient régulièrement augmenter", explique encore Jean-François Robin. Or, une forte hausse des taux sera bien plus lourde pour la France que pour l'Espagne par exemple, dont l'endettement est moins élevé. "Plus le niveau d'endettement est important, plus la hausse des taux est critique et pèse sur les intérêts de la dette du pays".
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