Private equity : l’optimisme prévaut, mais les successions tardent
2017 a été une année particulièrement dynamique pour le private equity, comme l’a encore souligné un rapport récent de Bain & Company, qui pointe néanmoins que si la valeur des deals augmente nettement, en hausse de 19% à 440 milliards de dollars, le nombre de transactions stagne quant à lui (+2% soit 3 077 opérations). Cela est inférieur de près de 20% au nombre de deals qui se sont bouclés en 2014, et est le signe d’un manque croissant de cibles pour des fonds de private equity aux poches pleines. En outre, la flambée des valorisations, la concurrence féroce opposée par les industriels et autres investisseurs, mais aussi un contexte macroéconomique encore incertain, les ont empêchés de déployer les capitaux qu’ils ont à disposition. Faisant ainsi grimper le montant de la poudre sèche, les montants levés mais non encore investis, à un record de 1 700 milliards de dollars fin 2017.
Dans ce contexte, les gérants sont disposés à investir de plus en plus aux côtés de leurs Limited Partners pour s’exposer à leurs propres fonds. Selon une enquête menée par Investec auprès de 292 fonds de private equity, ils anticipent ainsi que leurs engagements devraient représenter 3,3% de la taille du fonds, contre une moyenne traditionnelle entre 1 et 2%. Autre sujet de la plus haute importance pour ce métier où l’intuitu personae est fort : la succession, pour laquelle une société de gestion sur cinq n’a pas de plan précis mis en place. La situation est en réalité perçue de manière très différente entre les dirigeants et le reste de la société : ainsi, 60% des managing directors considèrent que la firme a prévu un plan de succession, mais ils ne sont que 50% chez les partners et même 41% dans les salariés du groupe à trouver que ce plan de succession est suffisant.
La diversité est également une faiblesse pour le private equity, comme nombre d’autres métiers financiers. 41% des femmes interrogées par Investec songent à quitter leur poste, contre seulement 26% de leurs collègues masculins. Au moins, il n’y a pas de détérioration de la situation dans le non coté : 90% des personnes interrogées sont au moins aussi heureuses au travail qu’il y a un an.
Et ils sont particulièrement bullish : un tiers des professionnels anticipe lever un prochain fonds au moins aussi gros que le précédent, et un sur huit prévoit même que ce fonds sera au moins le double. Des montants qui devraient propulser mécaniquement les management fees que ces gérants touchent sur la taille du véhicule. Cet enthousiasme se manifeste, sans surprise, en particulier chez les managing directors, les plus engagés dans leurs fonds.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

