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Chine : les autorités tentent de canaliser l'explosion du "shadow banking"
Les principaux indices boursiers chinois, le Shanghai Composite et le Shenzhen Index, ont atteint des plus bas de trois mois cette semaine, alors que le risque de "shadow banking" est de nouveau au centre des préoccupations. Ainsi, selon des nouvelles estimations de la BPOC, si le volume de prêts bancaires a reculé de 13%, passant de 1.170 milliards de yuans en février à 1.020 milliards de yuans (139 milliards d'euros) en mars, la finance non régulée a de son côté bondi. L'agrégat appelé "social financing", qui inclut les crédits accordés en dehors du système bancaire, a effectivement atteint 2.120 milliards de yuans (289 milliards d'euros) en mars, contre 1.150 milliards de yuans en février, soit une hausse de 84% sur un mois. Sachant que sur ces 2.120 milliards de crédits accordés, 1.240 milliards relèveraient de la finance de l’ombre selon des estimations de Bloomberg.
Le président chinois Xi Jinping n’a pas tardé à réagir et convoqué les principaux responsables du Politburo et les quatre grands régulateurs financiers du pays, afin de réfléchir aux moyens de contenir l’explosion de cette finance parallèle. De nombreuses mesures ont déjà été mises en place pour lutter contre le "shadow banking", et notamment un plus grand contrôle des crédits accordés dans le secteur immobilier, un relèvement des taux d'intérêt à court terme et une baisse des leviers sur le marché obligataire. Mais elles n’ont visiblement pas suffi. Pire, les mesures destinées à restreindre le crédit auraient entraîné un transfert des demandes de prêts vers les officines spécialisées et qui échappent justement à la régulation des autorités.
Selon les équipes de Nomura, le président Xi Jinping a donc mis en avant six chantiers prioritaires pour mieux canaliser la finance « hors système » : une accélération des réformes financières, un approfondissement de la régulation dans ce domaine, des mesures précises pour mettre fin le plus vite possible aux risques les plus saillants, la mise en place d’un environnement financier plus favorable à l’économie réelle et un renforcement des équipes en charge de la régulation financière au sein du parti communiste. « Ces six axes de réflexion annoncent un durcissement de la politique destinée à lutter contre le 'shadow banking' afin de mieux contenir le risque de bulle financière », concluent Yang Zhao et Wendy Chen analystes chez Nomura.
Mais, les autorités, qui visent un objectif de croissance de 6,6% cette année, devront savamment doser les nouvelles réglementations destinées à affaiblir la finance de l’ombre. Car la contribution de ce mode de "financement hors système" à l’économie du pays représentait fin mars près de 16% du financement global des entreprises, selon des données de la banque centrale. Paradoxalement, l'extinction complète du "shadow banking" aurait des conséquences négatives sur le rythme de croissance de l'économie chinoise, qui viendrait chambouler le pilotage du soft landing par les autorités chinoises.
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