Evenements / Restructurations
Evenements
Restructurations
Alma Consulting, première sauvegarde accélérée réussie en France
C'est un précédent en France, qui pourrait inciter davantage de fonds étrangers à se positionner comme créanciers d'entreprises hexagonales. Alma Consulting Group, l'archétype du LBO trop endetté signé en 2007 par le britannique Candover - qui est depuis en gestion extinctive - a enregistré mercredi son plan de sauvegarde accélérée auprès du Tribunal de Commerce. Il s'agit de l'épilogue d'une conciliation qui a duré plus de trois ans, au terme de laquelle un pool de six créanciers composé de Babson Capital (qui a également sévi sur le dossier Vivarte), NIBC, Intermediate Capital Group, New Amsterdam Capital, M&G et le CIC, a pris 80% du capital), le solde restant aux mains du management. Selon les termes de cet accord, les nouveaux actionnaires n'apportent pas d'argent frais mais ont consenti à ramener la dette du groupe de 430 millions à 100 millions d'euros.
Ce projet de debt-for-equity swap n'avait pas réussi à réunir l'unanimité des créanciers et actionnaires, notamment en raison de l'opposition du fondateur du groupe, Marc Eisenberg, qui restait détenteur de près de 35% des droits de vote. Alma Consulting a donc innové en ouvrant la première procédure de sauvegarde accélérée, qui a été créée en mars dernier pour résoudre ce type de restructuration difficile. La majorité requise n'est alors plus l'unanimité, mais les deux tiers des créanciers et des actionnaires. Ouverte le 19 septembre dernier, elle a abouti en seulement deux mois à l'homologation du plan, un tour de force si l'on considère que sans elle, les négociations auraient duré encore de longs mois, au détriment de l'avenir de la société.
Exit donc le projet alternatif proposé par le fondateur d'Alma, qui favorisait un rapprochement avec Leyton, numéro deux du secteur pour créer un leader français. Et pour la deuxième fois en un mois, un acteur français de poids (1300 salariés chez Alma Consulting, 22 000 chez Vivarte) passe sous la coupe de ses créanciers. Cela peut s'expliquer par ces innovations juridiques plus favorables aux créanciers, alors que le droit français est réputé être particulièrement rigide, notamment dans le cadre d'une sauvegarde qui bloque les réclamations de tous les créanciers.
Restent à ces nouveaux acteurs à faire leurs preuves dans des sociétés en pleine transformation. Alma Consulting a vu son chiffre d'affaires reculer de près de 40% depuis 2011 et son résultat d'exploitation fondre de quasiment 75%, et doit réactualiser son offre de services. Le dernier cas de restructuration de grande ampleur, celle de la Saur bouclée à l'été 2013 avec la reprise par un pool bancaire, n'est pas de tout repos et le P-dg du groupe a même jeté l'éponge en début d'année. Pour les fonds actionnaires d'Alma, qui sont entrés comme créanciers en rachetant de la dette décotée sur le marché secondaire, l'objectif est purement financier: retrouver leur mise et dégager un rendement attractif mais qui passera, inévitablement, par le redressement opérationnel de la société.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

