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Le private equity déploie son argent dans la banque en ligne

Warburg Pincus est en négociations exclusives pour racheter la banque en ligne espagnole Selftrade à Boursorama, filiale de la Société Générale. Après le méga LBO de 17 milliards sur Thomson Reuters en début d'année, le private equity montre son appétit pour un secteur en pleine transformation, et qui a besoin de ses capitaux.
Boursorama Banque
Boursorama Banque

Quelques jours après la démission brutale du gouvernement Rajoy, les investisseurs croient toujours à l'attractivité de l'Espagne. En tout cas, les grands fonds de private equity anglo-saxons, comme en témoigne le deal Selftrade, la banque en ligne espagnole vendue par Boursorama - elle-même filiale de la société Générale - au fonds américain Warburg Pincus. Selftrade avait été lancée en 2010 par Boursorama et l'espagnole CaixaBank. Cette opération, au montant resté confidentiel, est un arbitrage assez logique de la part de la banque française, dans le cadre de la "simplification de son dispositif et de recentrage sur les activités coeur", comme il l'avait présenté à ses investisseurs en novembre dernier.

De son côté, le private equity a multiplié les opérations dans les fintechs dans les derniers mois, à commencer par la plus emblématique d'entre elles : la vente de 55% de l'activité financière et risque de Thomson Reuters à un consortium emmené par Blackstone pour une valorisation de 20 milliards de dollars. Il s'agit du plus gros LBO orchestré depuis la crise financière, et pour lequel l'emblématique Blackstone s'est entouré d'un fonds de pension canadien, Canada Pension Plan Investment Board, et du fonds souverain de Singapour, GIC, signe que ces grands institutionnels sont devenus incontournables au coeur du non coté.

En Europe, les fonds de private equity ont également accéléré leurs opérations sur la fintech, un segment en pleine consolidation et transformation. L'an passé, Blackstone s'est aussi allié à CVC Capital Partners pour mettre la main sur le spécialiste britannique des paiements digitaux Paysafe pour 3 milliards de livres. La même année, le non coté avait frappé très fort en organisant une rare sortie de cote du danois Nets Holding A/S pour 5,3 milliards de dollars, au profit d'un groupe rassemblant Advent International, Bain Capital, GIC et Hellman & Friedman. Et en mars dernier, Nordic Capital n'a pas hésité à débourser 700 millions d'euros pour s'offrir le suédois Trustly et se positionner lui aussi sur l'essor du paiement mobile. Au total, les fonds de private equity ont déjà annoncé 165 deals pour un total de 45,1 milliards de dollars cette année selon Preqin, soit le même montant que sur l'ensemble de l'année 2017!

Et les fonds ne devraient pas s'arrêter en si bon chemin : avec plus de 1.000 milliards de dollars de "poudre sèche", soit d'argent levé mais pas encore investi dans le monde, ils devraient se positionner agressivement sur les fintechs prometteuses. Risquant aussi de couper l'herbe sous le pied des grandes banques, qui ont plus que jamais besoin de montrer leur capacité à innover dans cette industrie en pleine mutation.


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