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L’Europe attire plus que jamais les entreprises étrangères

Malgré le Brexit, quatre entreprises sur cinq souhaitent conserver leur activité en Angleterre, alors que 56% des investisseurs étrangers (hors Europe) envisagent d'accroître leur présence sur le Vieux Continent. Parmi les facteurs d’attractivité relevés : les talents, la capacité d’innovation, un grand marché intégré et le système productif de l’eurozone.
Carte de l'Europe
Carte de l'Europe

L’Europe fait encore recette mais avec parcimonie. C’est en quelques mots ce qui ressort d’une étude publiée aujourd’hui par EY qui fait le point sur l’attractivité de l’Europe et des pays qui la forment. Le monde change, les Etats-Unis semblent se diriger vers un recentrage sur le pays, l’Asie continue à s’étendre à tous les niveaux et l’Europe est aussi en train de changer, surtout d’un point de vue politique. Au total, les investisseurs voient des incertitudes s’ériger partout dans le monde. L’Europe fait pourtant partie des régions qui restent attractives puisque selon EY, 56% des investisseurs étrangers à la région envisagent d’accroître leur présence dans les trois années qui viennent. Cela diffère fortement du dernier point sur la situation que EY avait dressé en mai dernier, puisqu’à l’époque, ils n’étaient que 36% à envisager une telle expansion. Les facteurs d’attractivité relevés chez les investisseurs sont les talents, la capacité d’innovation, un grand marché intégré et le système productif qui existent dans l’eurozone. Cette partie de l’Europe continue donc à être attractive malgré les incertitudes économiques et politiques qui s’annoncent, tant avec le Brexit qu’avec les élections dans différents pays.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le Brexit n’est pas le premier risque à entrer en jeu dans les décisions d’installation en Europe. La Grande-Bretagne restera compétitive malgré sa sortie de l’UE et d’ailleurs, ce risque pour les investisseurs étrangers, n’apparait qu’en troisième place après la forte volatilité des devises, des matières premières et des marchés de capitaux (37%) et l’instabilité économique et politique de l’Europe (hors Brexit) pour 32% des répondants. Ainsi, 86% des sociétés étrangères déjà installées en Grande-Bretagne ne comptent pas bouger ailleurs en Europe, même dans l’optique d’une sortie de l’UE. C’est donc plus de quatre entreprises sur cinq qui ne souhaitent pas changer de base en Europe dans les trois prochaines années. Pourtant, 71% des investisseurs étrangers ressentent déjà l’impact du référendum britannique dans au moins une de leur activité européenne, avec une conséquence sur les marges, les coûts d’achat et les ventes. Mais les investisseurs sont surtout inquiets quant aux conséquences politiques des prochaines élections sur le continent, en Allemagne, en France et aux Pays-Bas, tous ces pays montrant des signes de populisme accru.

Les sociétés financières sont les moins optimistes quant à leur croissance en Europe, 12% seulement anticipant une forte augmentation de leur activité dans la région. La raison est claire, Londres étant le centre des services financiers en Europe, bon nombre d’entreprises craignent une disruption de leur activité dans la région. En revanche, 72% des entreprises technologiques prévoient d’investir en Europe dans les trois prochaines années et plus d’un tiers y envisage une croissance significative. A noter tout de même, que les entreprises technologiques sont plus inquiètes que la moyenne sur les conséquences du Brexit (38%), l’explication se trouvant probablement dans la nécessité de ce secteur à lever des fonds et la crainte que l’écosystème britannique, très actif dans ce secteur, ne s’effondre après le Brexit, note EY.

L’une des conclusions de l’étude est donc que le Brexit, même s’il reste incertain dans ses termes, a augmenté les interrogations stratégiques des entreprises. « Il est maintenant temps pour les sociétés de se demander quelle vision elles ont de l’Europe et la place qu’elles souhaitent donner à cette région dans leur organisation globale », relève ainsi EY. Quoiqu’il en soit, cette étude, finalement plutôt positive, hors secteur financier, pour les conséquences possibles du Brexit sur l’attractivité du pays tombe à pic pour le gouvernement britannique. Theresa May, la premier ministre, doit en effet présenter aujourd’hui en première lecture à la Chambre des Communes, son projet de loi l’autorisant à déclencher le Brexit, fin mars, comme elle l’espère. Elle souhaiterait ainsi obtenir cette autorisation avant le 9 mars, selon The Times, date à laquelle un sommet européen est prévu.

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