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Brexit : une facture salée pour HSBC

Selon The Times, la banque a dépensé 28 millions de dollars en frais de conseils concernant le Brexit, alors que le gouvernement est toujours aussi divisé sur la gestion de la sortie du pays de l'UE.
HSBC - horloge
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HSBC a dévoilé hier lors de la présentation de ses résultats ce que lui avait coûté les conseils prodigués par des experts externes, au sujet du Brexit. Et la somme n'est pas négligeable, puisqu'elle a atteint sur 2017, 28 millions de dollars. Soit huit fois plus que ce que le régulateur financier britannique FCA a lui-même dépensé pour plancher sur la sortie du pays de l'UE. Ce chiffre donne une idée de ce que les autres banques de la City ont ou vont probablement dépenser pour se préparer au Brexit, toutes ayant eu recours aux conseils de cabinets d'avocats et de consultants sur le sujet. La banque HSBC, premier prêteur britannique, a annoncé qu'elle déménagerait au moins 1.000 membres de ses équipes londoniennes vers Paris, en cas de Hard Brexit, et que ce scénario le plus pessimiste lui coûterait entre 200 et 300 millions de dollars. Les banques qui militent pour une sortie de l'UE garantissant la plus grande stabilité possible, notamment afin de ne pas perdre l'accès au passeport européen, ont été agréablement surprises hier, lors de l'intervention du secrétaire d'Etat au Brexit David Davis, devant un parterre d'hommes d'affaires autrichiens. 

TheCityUK le lobby financier de la City a d'ailleurs publié un communiqué hier soir pour soutenir la position adoptée par David Davis, qui a affirmé à Vienne que le Royaume-Uni ne comptait pas profiter du Brexit pour déréguler à outrance, et qu'il espérait que Bruxelles accepterait le principe d'un système de "reconnaissance mutuelle" entre régimes et régulateurs de part et d'autre de la Manche. Ce dont s'est félicité le lobby financier : "Notre industrie a travaillé d'arrache pied pour trouver les meilleures solutions possibles pour résoudre le sujet complexe du Brexit. Entendre notre gouvernement affirmer qu'il penchait pour une reconnaissance mutuelle des régulations est très encourageant et nous semble la meilleure approche pour envisager le commerce entre nos deux régions post-Brexit", a ainsi affirmé Miles Celic CEO de TheCityUK.

Sauf que le discours tenu par le secrétaire d'Etat au Brexit en Autriche devant un parterre de chefs d'entreprise, n'a pas plu à la frange la plus conservatrice des MPs de Westminster. 62 députés ont ainsi exigé dans un courrier envoyé hier à Downing Street, que la Première ministre tranche sur une sortie "claire et rapide" de l'UE, une autre façon de parler de "Hard Brexit". Les législateurs ont ainsi sommé Theresa May de préciser la nature de la fameuse période de transition et la façon dont la régulation britannique allait s'éloigner des règles européennes. La lettre invite le gouvernement à plaider pour "une autonomie complète de la régulation du pays". Si les 62 députés ont confirmé leur soutien auprès de la Première ministre, les conditions dévoilées hier mettent clairement Theresa May sous pression. Le timing tombe mal pour la Première ministre qui cherche justement à renforcer l'unité au sein de son gouvernement, encore très divisé sur le sujet du Brexit, et qui doit dévoiler la semaine prochaine le détail de ce qu'elle compte négocier ces prochains mois avec Bruxelles.

Les ministres britanniques doivent d'abord se réunir demain pour clarifier leur position sur la relation que leur pays souhaite entretenir avec l'UE, une fois sortis. Et là encore, la réunion risque d'être mouvementée : selon un article paru dans The Times, David Davis et le chancelier de l'Echiquier Philip Hammond ont briefé les 27 Etats séparément depuis quelques semaines, pour leur expliquer ce que le gouvernement comptait négocier dans les prochains mois. Leur point de vue risque encore de déplaire aux MP conservateurs et auteurs du courrier. Les deux ministres ont en effet suggéré la création d'un comité conjoint entre l'UE et la Grande-Bretagne pour coopérer sur le plan législatif post-Brexit, ainsi que la mise en place d'un comité indépendant destiné à garantir la bonne application du deal. Les MP et ministres Hard Brexiters, dont le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson fait partie, risquent de ne pas apprécier cette coopération future entre leur pays et l'UE, et Theresa May devrait encore se retrouver entre les deux camps, sans savoir comment trancher.

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