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Paris fait de la résistance
« Mieux vaut aucun deal, qu’un mauvais deal ». Cette remarque lancée il y a quelques mois par Theresa May concernant le Brexit pourrait largement s’appliquer aujourd’hui à la vision des banques françaises concernant « Bâle IV». En effet, mercredi 14 et jeudi 15 juin se tiennent deux journées de réunion du Comité de Bâle, ce dernier espérant arriver à un compromis sur les accords dits de Bâle IV (qui sont en fait la finalisation des accords de Bâle III). Car la question qui restait en suspens depuis plusieurs mois, concernant la mise en place d’un plancher minimum de capitaux pour faire face à certains risques, semble avoir trouvé un compromis. Les Etats-Unis, en pointe sur ces propositions ont réussi, il y a quelques semaines, à convaincre l’Allemagne pourtant jusqu’ici réticente. Mais c’est sans compter sur la France qui ne semble pas encore prête à céder du terrain sur ce sujet.
Il y a un mois, le président du Comité de Bâle, Stefan Ingves, soulignait qu’une « vaste majorité » des membres était tombée d'accord sur le plus gros sujet de la réglementation, les fameux planchers. Mais fin mai, lors de la présentation du rapport annuel de l’ACPR, François Villeroy de Galhau, le président de l’ACPR et gouverneur de la Banque de France avait exprimé ses réserves vis-à-vis d’un tel accord. « Nous disons clairement oui à la finalisation de Bâle 3, reposant toujours sur des modèles internes améliorés et mieux supervisés. Mais nous refuserions à l'inverse, avec d'autres pays notamment de l’Union européenne, un Bâle 4 imposé trop à partir de la méthode standard et qui mesurerait donc moins bien les risques réels", a-t-il lancé.
Autrement dit, il continuera à défendre le principe des modèles internes qui limitent l'utilité d’un plancher. Si la généralisation de la méthode standard est imposée au final, cela pèserait, en effet, sur les besoins en capitaux des banques françaises et par conséquent sur leur rentabilité. Or, le compromis trouvé entre la majorité des pays membres de Bâle prévoit un plancher à 75% des résultats standardisés d’ici à 2027 avec un premier stade à 45% à partir de 2021. « Un assez mauvais deal », selon un banquier cité par Reuters. Mais ce qui est certain, c’est que si la France continue à faire de la résistance, la décision de conclure ou non les accords pourrait revenir à la Fed et à la BCE, également membres du Comité de Bâle. Elles risquent de devoir choisir entre continuer à parlementer encore et encore ou tout simplement rompre avec ce qui a été fait jusqu’à maintenant et avancer sans la France. Pas sûr que cela soit la meilleure solution.
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