Idinvest Partners innove dans le private equity
Déjà présent sur plusieurs segments du private equity, en equity comme en dette, Idinvest Partners a décidé d’innover. Ce lundi, le fonds va annoncer le lancement d’un nouveau véhicule : Isia (Idinvest SME Industrial Assets) destiné à financer l’outil de production des PME et ETI françaises et européennes. « L’idée de ce fonds ISIA est née des échanges que nous entretenons régulièrement avec les entreprises précédemment financées par Idinvest. Chez un grand nombre de PME industrielles, subsiste un besoin criant de financement de la montée en gamme de leur outil de production, car les réponses apportées par les banques ne sont pas toujours totalement adaptées », décrypte Sylvain Makaya, partner chez Idinvest.
Pour y répondre, la société de gestion a donc imaginé un nouveau produit hybride, entre equity et dette. « Le fonds ISIA apporte une véritable innovation financière car il permet le financement locatif (leasing) des outils de production industrielle. Le leasing permet ainsi aux PME concernées de ne pas subir directement le coût d’acquisition des équipements et d’optimiser leur trésorerie», ajoute-t-il. Sans oublier que la société pourra financer une montée en gamme plus rapide de ses équipements de base. Idinvest Partners, qui achètera les machines et les louera aux entreprises, prévoit d’investir des tickets de 1 à 15 millions d’euros et ambitionne de lever un total de 300 millions d’euros. Il a déjà obtenu le soutien d’acteurs publics de premier plan, le Fonds Européen d’Investissement et la Banque Européenne d’Investissement qui, aux côtés d’institutionnels français, ont participé à un premier closing à 150 millions d’euros.
Car le schéma est avantageux pour les Limited Partners. « Les investisseurs bénéficieront de cash yields récurrents, car les loyers trimestriels versés par les PME seront automatiquement remontés aux investisseurs qui se dé-risqueront en moyenne au bout de 3 à 4 ans par opération », ajoute Sylvain Makaya, qui ne commente pas sur le rendement promis lors des roadshows. Le fonds cible des institutionnels français et européens, et en particulier les assureurs, car ce véhicule est particulièrement bien traité par les normes Solvency II. Ainsi, il requiert un taux de 8% de fonds propres, contre 15% pour un fonds de dette et même 39% pour un fonds equity. Et il correspond à l’enjeu sociétal recherché par certains institutionnels. « Outre l’attractivité financière de ce fonds, il répond aussi véritablement aux enjeux de compétitivité des PME françaises et européennes », fait valoir le gérant.
Le fonds a défini son marché cible, et n’oublie pas l’éthique. « Nous allons nous focaliser sur quatre secteurs industriels clé : la santé, les biens de consommation, l’industrie lourde et les matériaux de base et pour éviter tout conflit d’intérêts, nous n’investirons pas dans les sociétés qui sont actuellement dans les portefeuilles Idinvest. Nous privilégierons plutôt les sociétés qui ont été financées par le passé et avec lesquelles nous avons naturellement gardé des liens », promet-il. Des arguments qui devraient faire mouche auprès d’assureurs aux poches profondes mais en mal de placements rentables et peu coûteux en capitaux réglementaires.
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