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Banques d’investissement : plus lent démarrage en Europe depuis…2003 !
Le coup de froid qui dure depuis le début de l’année est rigoureux pour les banques d’investissement européennes. Selon les données de Dealogic, les fees qu’elles ont touchées sur l’activité des marchés actions, dette, des prêts et des M&A n’ont atteint que 1,4 milliard de dollars depuis le début de l’année, soit un plus bas depuis 2003 ! Cela est lié à un sentiment diffus de fébrilité sur l’ensemble des marchés mondiaux, avec des inquiétudes sur le rythme de la croissance mondiale et la capacité de la Chine à gérer son changement de modèle économique, ainsi que le krach pétrolier.
Aucun segment n’est épargné : les marchés actions sont en baisse de deux tiers par rapport à la même période l’an passé à 52 deals pour un total de 7,9 milliards de dollars levés, soit le plus faible niveau depuis 2009. Si certains groupes acculés comme ArcelorMittal vendredi dernier ont décidé de lancer des augmentations de capital, la plupart de ceux qui pouvaient attendre ont décidé de se mettre en « stand-by » en raison de la volatilité des marchés et de la nervosité des investisseurs. Même constat sur le marché de la dette : seules 455 émissions obligataires ont été enregistrées depuis le début de l’année, soit le plus faible niveau depuis… 1996 ! Seul l’emprunt géant d’ABInBev, qui a réussi à lever 46 milliards de dollars pour financer son acquisition géante du britannique SABMiller à 107 milliards de dollars a fait grimper les volumes à 270 milliards de dollars, qui reste à un plus bas depuis 2009. Pour certains, ce trou d’air est certes lié à l’orientation des marchés, mais les opérations pourraient redémarrer une fois que la saison des résultats annuels touchera à sa fin.
Enfin, le marché des M&A européennes a lui aussi été boosté par un méga deal : la fusion entre ChemChina et Syngenta pour 48 milliards de dollars, et atteint un niveau record depuis huit ans à 85 milliards de dollars. Retraité de cette opération néanmoins, le marché touche un plus bas depuis 2003. Pourtant, les projets ne manquent pas, commentent les banquiers M&A, qui continuent à penser que dès que la volatilité marquera le pas, les opérations devraient repartir. Ce lundi, l’indice VIX est en hausse de 13% à 26,5 points, mais reste encore loin du pic de stress à 40 points observé l’été dernier.
Les banques sont d’ailleurs les premières à pâtir de la déroute des marchés en ce début de semaine. UBS, qui est pour l’instant en tête des league tables de marchés actions Europe cette année, a par exemple décroché, ce jour, de plus de 6%, tandis que le numéro trois Deutsche Bank est un des plus attaqués, en baisse de plus de 10%. Barclays, en tête du marché obligataire devant Deutsche Bank, a enfin clôturé en baisse de 5%. Si le patron de Credit Suisse, Tidjane Thiam, a renoncé à une partie de son bonus pour prendre en compte des mauvaises performances annuelles, cela n’a pas réussi à contrer la chute du titre ce lundi, qui perd plus de 4%. Les investisseurs pointent un problème de rentabilité des banques européennes, qui menace leur capacité à pérenniser leurs bases de fonds propres. Une crise de confiance qui va au-delà de la seule fébrilité des marchés et pourrait leur causer bien d’autres torts.
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