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Banques / Autorité bancaire européenne

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Autorité bancaire européenne

coronavirus Covid : un défi sans précédent pour les banques de l'UE

CORONAVIRUS. Si les banques sont entrées dans la crise avec de solides réserves de capitaux et de liquidités, les conséquences de l'épidémie devraient affecter la qualité de leurs actifs, selon un rapport publiée par l'Autorité bancaire européenne.
Les banques licencient - Crédit photo : DR
Les banques licencient - Crédit photo : DR

Les demandes de prêts auprès des institutions financières du Vieux Continent affluent, alors que nombre d'entreprises sont au bord de la faillite et luttent pour ne pas mettre définitivement la clef sous la porte. Et alors que les banques ont été l'une des principales causes de la crise financière de 2008, elles ont cette fois-ci représenté l'un des principaux soutiens à l'économie depuis le début du confinement. Sont-elles pourtant suffisamment armées pour affronter les prochains mois et les conséquences de la crise sanitaire ? C'est à cette question que l'Autorité Bancaire européenne a tenté de répondre dans un rapport dévoilé hier après-midi, intitulé "Premiers éléments d'analyse concernant l'impact du Covid sur le secteur bancaire". La réponse est cruciale, sachant que côté français, les banques ont prêté pour 100 milliards d'euros entre le 25 mars et le 15 mai, dans le cadre du PGE. Mais, prévient l'EBA, les résultats de son enquête sont à prendre avec précaution, étant donné les difficultés à quantifier l'ampleur exacte de la crise actuelle. 

Premier constat, plutôt encourageant, les banques sont entrées dans la crise du Covid bien mieux capitalisées qu'en 2008, avec des réserves de liquidités plus importantes: leur ratio de fonds propres de catégorie 1 (common equity tiers one, ou CET1) est ainsi passé de 9% en 2009 à 15% au dernier trimestre 2019, soit bien au-dessus des exigences réglementaires. De même, avant le déclenchement de la pandémie, les ratios de couverture de liquidité des banques (LCR) étaient nettement supérieurs au minimum réglementaire, proches de 150 % au premier trimestre de cette année.

Enfin, en plus de ces importants coussins de liquidités, le régulateur européen a mis en place des mesures destinées à atténuer l'impact du choc économique actuel. Ainsi, l'EBA a recommandé aux autorités de surveillance nationales de faire usage de la souplesse prévue par la réglementation, avec entre autre la possibilité pour les banques de satisfaire une partie des exigences du deuxième pilier (P2R) avec des instruments non CET1. En outre, il a été demandé aux banques de s'abstenir de verser des dividendes.

Selon les calculs de l'EBA, l'impact de ces mesures, en supposant qu'aucune banque ne distribue de dividendes de fin d'année 2019, devrait représenter près de 100 milliards d'euros CET1. En outre, certaines autorités compétentes ont également autorisé les banques à fonctionner temporairement en dessous du niveau du deuxième pilier (P2G), ce qui pourrait libérer 79 milliards d'euros supplémentaires. Au total, l'EBA estime que le secteur bancaire devrait disposer en moyenne de suffisamment de capital pour couvrir les pertes potentielles liées à un choc de crédit extrême, tout en maintenant un coussin de sécurité équivalent à 1,1 point de pourcentage au-dessus de l'exigence de fonds propres globale (OCR). 

Il reste que la crise économique actuelle affectera la qualité des actifs des banques, prévient le régulateur européen. Celles-ci seront nécessairement confrontées à une hausse de leurs prêts non performants (NPL) du fait de la fragilité de leurs clients dans le contexte de récession. Les NPL pourraient même atteindre des niveaux similaires à ceux enregistrés au lendemain de la crise de la dette souveraine. Selon un scénario basé sur les tests de résistance réalisés par l'EBA en 2018, les pertes liées au risque de crédit pourraient atteindre 3,8 % du total des actifs pondérés du risque (RWA) des banques. Sachant que chaque point de pourcentage des actifs pondérés en fonction des risques représente environ 100 milliards d'euros de capital. La hausse de la volatilité sur les marchés financiers inquiète également l'EBA é et pourrait accroître encore les RWA.

Enfin, l'EBA prévient que les conditions de financement sur les marchés se sont considérablement détériorées. Depuis février 2020, les spreads se sont ainsi creusés et les nouvelles émissions de dette non garantie ont pratiquement cessé jusqu'à la mi-avril. Sachant qu'environ 20 % des titres émis par les banques arriveront à échéance dans les six prochains mois, et 10 % supplémentaires arriveront à échéance dans un délai d'un an. Des tensions sont également apparues sur les marchés de financement interbancaire et en dollars américains. Dans ce contexte, les banques ont naturellement accru leur dépendance au financement de la BCE, rappelle l'EBA, et elles devraient continuer de se rendre massivement au guichet de Francfort dans les prochains mois. 

 

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