Actions : le retour en grâce se fait attendre
Dans sa dernière lettre de l'Observatoire de l'épargne, l'AMF montre que les actions cotées ne représentent que 4,5% de l'épargne financière des Français. Le taux de détention des investisseurs individuels est au plus bas.
Les
actions ont-elles véritablement retrouvé leurs lettres de noblesse auprès des
épargnants français ? Les gérants de portefeuille le clament haut et fort,
précisant même que l’arrivée du PEA-PME arrive à point nommé pour mettre à profit ce retour en grâce
pour des outils un peu plus risqués. Dans sa dernière lettre de l’Observatoire
de l’épargne, l’AMF fait pourtant un point statistique venant contredire cette
tendance. Les
statistiques publiées par la Banque de France indiquent
ainsi qu’à la mi-2013, l’encours global des placements des ménages français (le
total de leurs actifs financiers) s’élevait à environ 3 320 milliards d’euros,
hors actions non cotées et autres participations.
Les placements en assurance
vie (en euros et en unités de compte) représentaient 45,2 % de cet encours
global. Les sommes placées en liquidités et dépôts bancaires (livrets, comptes
à terme, PEL, etc.) en constituaient 39,1 % et les sommes placées directement
en valeurs mobilières (actions, titres de créance et placements collectifs),
15,7 %. En six ans, de mi-2007 à mi-2013, l’encours de l’assurance vie a
augmenté de 360 milliards d’euros et celui des valeurs mobilières, qui
représentait 23,3 % de l’encours global mi -2007, a baissé d’environ 140
milliards. Sur cette période, la part des actions cotées détenues en direct
(environ 150 milliards d’euros en 2013) est passée de 8,3 % mi-2007 à 4,5 % mi-2013.
C’est dire si le placement actions est loin d’avoir la faveur
des épargnants, l’assurance vie et les livrets réglementés continuant, quoi qu’on
en dise, de constituer l’essentiel de l’épargne des français. Selon un récent
sondage, rapporté par l’AMF, il est d’ailleurs intéressant de noter que 9 Français sur 10
considèrent que les actions constituent un placement risqué. Ils ne sont que 6
sur 10 à considérer que le vin, l’art ou la forêt constituent des actifs
risqués. Enfin, ils sont seulement 4 sur 10 à juger que l’or est risqué. Un
autre sondage réalisé par TNS Sofres démontre que 8 % de la population
française de 15 ans et plus détenait des actions individuelles en direct en
septembre 2013. Soit un point bas déjà touché en 2012. De 14 % atteint en 2007,
il était de 11 % en 2010, 9 % en 2011 et 8 % en 2012.
L’arrivée
du PEA-PME va-t-elle inverser la tendance? Si les investisseurs individuels
semblent encore réticents à se positionner sur les actions en direct, ce type d’enveloppe, qui sera largement gérée à travers des OPCVM, a toutefois de bonnes chances d’attirer
les marques d’intérêt. Il n’y a qu’à voir l’évolution des indices actions des grandes et petites capitalisations depuis deux ans pour s’en convaincre.
Dans
sa lettre mensuelle, l’AMF fait également le point sur les messages
professionnels et les publicités sur les placements. Aspect qu’elle surveille
tout particulièrement depuis 2011. « Dès 2011, cette veille a
mis en évidence clairement la multiplication des publicités agressives émanant
d’annonceurs, qu’ils soient autorisés ou non en France, incitant au trading sur
le Forex ou les matières premières via des CFD ou options binaires. L’AMF a également
observé le développement de messages promotionnels sur Internet, pour des
placements atypiques tels que les investissements dans le vin, les oeuvres
d’art, les manuscrits ou encore les forêts », écrit le gendarme de la
Bourse. Avec son appui et dans le cadre du partenariat signé le 18 mai 2011,
l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) vient de
publier, elle aussi, une recommandation encadrant les publicités de ces
placements. Les deux entités promettent ainsi d’être particulièrement
vigilantes sur ces offres promotionnelles tout au long de l’année.