Croissance mondiale 2015: les US et la Chine en locomotive
3% de croissance en 2015. Voilà le pronostic de Pictet concernant la croissance américaine pour l'année prochaine, qui précise que celle-ci pourrait même atteindre 3,3%. Une prévision de croissance qui reste tout à fait soutenable outre-Atlantique, grâce à l’augmentation probable de la consommation issue de la hausse des salaires. Sur un an, ceux-ci sont aujourd'hui en progression d'environ 2,2%. Une hausse elle-même corrélée à la baisse du chômage de longue durée observée depuis 2010. En 2014, la croissance américaine devrait atteindre 2,8%, selon Pictet.
En fait, la seule zone d'incertitude concerne la réaction des marchés à la levée prochaine des taux de la Fed, qui devrait survenir selon les anticipations actuelles, au troisième trimestre de 2015. Une réaction des marchés très difficile à prévoir. Ainsi au printemps 2013,« les marchés avaient très mal réagi à l’annonce du tapering, avec une augmentation de 100 points de base du 10 ans américain », prévient Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet. Les marchés pourraient en effet être déconcertés par une remontée à 1,4% à la fin 2015, qui correspond à la projection médiane de la Fed, alors qu'ils anticipent aujourd'hui un taux de 0,8%, selon Pictet.
Plus surprenant, la Chine verra sa croissance accélérer en 2015, alors que de nombreux analystes s’inquiètent de la chute récente des prix de l'immobilier et de son impact sur l'économie mondiale. Mais la Chine n’est pas pour autant sujette à une crise de l'immobilier comme ont pu connaître d’autres pays dans l’histoire récente, assure le gestionnaire. La chute de l’immobilier, qui a de fait ralenti la croissance, s’explique par un durcissement des conditions d’octroi de crédits de manière à écarter les risques de bulle. Mieux: 60 à 70% du parc immobilier est susceptible d'être rénové, ce qui laisse la porte ouverte à un futur soutien des prix.
Structurellement, la Chine dispose également de marges de manœuvre élevées pour relancer la croissance, grâce à la faiblesse de sa dette externe, qui représente seulement 8% du PIB, et aux actifs nets qu’elle détient à l’étranger, équivalents à 55% du PIB. La Chine détient également la première réserve de devises à l'échelle mondiale, ainsi que le meilleur taux d'épargne privée, de 55% en moyenne sur les 10 dernières années. En 2015, la Chine devrait donc bénéficier à plein de la reprise de la croissance mondiale, notamment grâce à la compétitivité que lui confèrent ses salaires deux fois moins élevés que ceux de ses concurrents émergents. Pour ce qui est de son PNB, celui-ci devrait croître de 7,2% à 7,3% en 2014, et de 7,5 % en 2015, avec un biais à la hausse jusqu'à 7,8%, selon Pictet.
La zone euro, elle aussi, devrait connaître un rebond de la croissance l’année prochaine. Estimée à 0,8% cette année, elle devrait s'élever à 1,4% en 2015, selon Pictet. Le continent devrait bénéficier de la réduction des ajustements fiscaux, qui ne feront perdre que 0,2 point de croissance en 2015 contre 0,9 en 2013. En outre, les conditions de crédit montrent des signes d’amélioration de l'activité, même si les volumes restent relativement faibles, en partie grâce aux résultats des AQR mis en place par Mario Draghi. Enfin, l'accélération de la croissance devrait également mettre fin au risque déflationniste sur le continent, alors que la ré-appréciation du dollar devrait soutenir la balance commerciale de la zone et accroître ses excédents.
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