Biotechs/medtechs : l'intérêt des investisseurs ne devrait pas s'étioler
L’indice européen Next Biotech n’a rien à envier au NASDAQ Biotechnology depuis le début de l’année 2015 avec une hausse de 31% contre 25% pour l’indice américain. Il faut dire que ce compartiment européen ne cesse de s’enrichir au rythme des introductions en Bourse. Sur le premier semestre le nombre d’IPO des sociétés françaises a carrément doublé avec 10 entrées, soit le double de l’année 2010.
Face à un tel dynamisme, certains analystes mettent toutefois en garde contre la menace d’une bulle spéculative. En effet, l’engouement pour les biotechnologies bouleverse progressivement l’industrie pharmaceutique et ce secteur reste un marché à risques dont la visibilité à long terme est toujours incertaine.
Pourtant, si l’on en croit la société Invest Securities, à qui l’on doit notamment l’entrée en Bourse cette année de l’entreprise Ose Pharma, les raisons d’être optimiste ne manquent pas. Martial Descoutures, analyste responsable du secteur santé, affirme que cet enthousiasme pour les biotechs européennes est justifié par un processus de maturation de ce marché engagé depuis près de 10 ans ; des résultats scientifiques probants; une meilleure visibilité internationale et de nombreux partenariats ou acquisitions récents, gages de fiabilité. En France, la crédibilité d’un environnement propice à la recherche et au développement est, par exemple, l’une des explications de l’intérêt croissant des investisseurs étrangers pour ces pépites. Du moins celles qui réussissent à trouver de nouvelles molécules.
Parmi les entreprises préférées d’Invest Securities : une société française, ERYTECH Pharma. Spécialisée en cancérologie, cette biotech possède déjà un produit dont les résultats se sont révélés concluants en phase III, c’est-à-dire sur plusieurs milliers de patients. Elle a également déjà signé un accord de licence avec Recordati-Orphan Europe pour la commercialisation du médicament GRASPA à l’échelle européenne. L’entreprise belge Ceylad, plus orientée vers la cardiologie, fait également partie des chouchoutes. Les résultats de son étude clinique de phase III sont prévus pour 2016. Enfin, la société Innate Pharma, basée à Marseille et développant des techniques d’immunothérapie, est devenue partenaire de deux géants pharmaceutiques : BMS et AstraZeneca. Forte de ces deux partenariats, elle devrait divulguer ses résultats cliniques de phase II, sur un petit nombre de patients, dans le courant de l’année 2016. La valeur est, certes, très volatile mais s'adjuge déjà 66% depuis le début de l'année (+ de 700% depuis trois ans). Elle fait largement partie des grandes réussites du secteur alors que les spécialistes d'Invest Securities ne croient pas à une bulle de ce marché.
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