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A peine restructuré, Vivarte a déjà brisé un covenant
Vivarte n'est pas encore sorti d'affaire, loin s'en faut. Selon les informations de l'Agefi, le groupe d'habillement, dont la reprise par ses fonds créanciers a été finalisée il y a à peine plus d'un mois, a déjà manqué le respect d'un de ses covenants lié à l'Ebitda. Ainsi, le pool de créanciers qui a mené la restructuration financière du groupe de 22.000 salariés, sous la houlette d'Oaktree, Alcentra, Babson et GoldenTree, a accepté de réduire la dette de 2 milliards d'euros et de réinjecter 500 millions d'euros de new money, garantis par la mise en place de nouveaux covenants. Or, c'est bien un de ces plafonds, celui du montant de dette par rapport à l'Ebitda sur les douze derniers mois glissants, qui n'était pas respecté lors de la dernière revue trimestrielle début décembre.
Ces seuils ont été établis au printemps dernier, lorsque Vivarte a ouvert les discussions pour sa restructuration financière. Mais la situation opérationnelle s'est depuis dégradée, notamment chez La Halle, qui a fait l'objet d'importants investissements pour moderniser ses magasins et accuserait un retard d'Ebitda de 30 millions d'euros sur son business plan. Les actionnaires ont demandé un aménagement des covenants, mais étant donné qu'ils détiennent encore une importante partie de la dette résiduelle, celui-ci devrait être accepté sans difficultés. Selon un porte-parole des fonds, les autres covenants, notamment le seuil lié à la liquidité du groupe, seraient en revanche respectés.
C'est un nouveau contre-temps pour le groupe propriétaire entre autres de Kookaï, Caroll et Minelli, dont la restructuration s'est soldée fin octobre par la nomination de Richard Simonin au poste de P-dg, au détriment de Marc Lelandais. Réduite à 800 millions d'euros, la dette du groupe connaît un parcours difficile sur le marché secondaire. Depuis, elle s'échange actuellement avec une décote de plus de 50%, après avoir perdu 20% de sa valeur dès les premiers jours suivant le debt-for-equity swap et le changement de management.
Habitué des situations difficiles, le nouveau dirigeant, ancien de chez Kenzo, Givenchy et Etam, est donc attendu au tournant: il doit redresser l'opérationnel dans un environnement de consommation difficile en Europe, où sont situés l'intégralité de ses magasins, tout en respectant une gestion très stricte des comptes sous un actionnariat financier. Le timing pourrait être serré, à l'instar de l'exemple de la Saur: son patron Olivier Brousse avait démissionné à peine six mois après la reprise du prestataire de services à l'environnement par ses banques créancières.
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