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Paris Europlace présente son cahier de doléances aux présidentiables

Stabilité fiscale, assouplissement du droit du travail, réduction de la taxe sur les salaires… autant de revendications qui prennent tout leur sens dans l’environnement du Brexit. Plusieurs mesures à adopter immédiatement ont été présentées aux candidats à l’élection présidentielle pour renforcer encore la compétitivité parisienne.
Bourse de Paris - Palais Brongniart
Bourse de Paris - Palais Brongniart

En bon groupe de lobbying, Paris Europlace profite des élections présidentielles pour présenter ses doléances aux candidats déclarés. Sans grande surprise, c’est un travail de place que s’engage à faire Paris Europlace qui compte sur le Brexit pour renforcer l’attractivité de la Place, car « sans place financière forte, nous ne pouvons pas avoir d’économie forte », a souligné ce matin Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace. C’est dans une lettre adressée aux différents candidats que plusieurs mesures à prendre immédiatement sont ainsi proposées. « Nous avons une fenêtre, une opportunité qui s’ouvre entre le Brexit et les élections présidentielles, pour faire avancer les choses, lance Gérard Mestrallet. Nous avons besoin de visibilité et de stabilité ». Alors qu’il y a quelques semaines, le même Paris Europlace présentait une image parfaite de la Place de Paris comme concurrente à Londres, voilà que plusieurs mesures doivent tout de même être adoptées dès le début du quinquennat pour renforcer la compétitivité et la stabilité de la capitale.

La modification de la gouvernance fiscale doit ainsi être engagée. Aussi, la consultation publique et les études d’impact par exemple, devraient-elles être systématiques pour toute réforme fiscale, tout comme l'extension du principe de non rétroactivité afin de renforcer (voire mettre en place) une stabilité fiscale. Par ailleurs, « le principe d’abaissement de l’impôt sur les sociétés à 22% doit être renforcé et accéléré pour l’amener rapidement à la moyenne européenne », souligne Gérard Mestrallet. Une mesure phare pour attirer les entreprises, mais prévue pour 2020… loin après le Brexit. De même, le groupe de réflexion propose-t-il  de réduire progressivement la taxe sur les salaires avec suppression immédiate de la tranche supérieure qui pénalise l’emploi en France. Paris Europlace défend par ailleurs une fois de plus son serpent de mer, à savoir la relance de l’épargne longue et à risque, au détriment de l’épargne réglementée et peu risquée. Une nouveauté, qui n'en est pas vraiment une toutefois, dans les propositions, Paris Europlace demande à ce que les Français puissent accéder à des fonds de pension, pour répondre aux besoins d’épargne retraite.« Il faut aussi renforcer les instruments d’accompagnement des PME et ETI, notamment concernant les start-up (fintech, frenchtech…), la société française ayant besoin de se transformer plus vite dans ce monde de digitalisation », amartelé Gérard Mestrallet. Reste le gros morceau, le droit du travail. « Il faut une adaptation et plus de souplesse par rapport aux activités financières qui sont très cycliques. La France a fait des progrès en matière de flexibilité mais ce n’est pas suffisant ».

Parallèlement à ces mesures à prendre immédiatement au niveau national, plusieurs réformes doivent être engagées au niveau européen. A commencer par reprendre la main sur la monnaie européenne. « Plus de 40% des transactions en euros sont réalisées à Londres, ce qui dans le contexte du Brexit n’a plus aucun sens », note ainsi Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace. Remettre sur le continent les agences européennes ou encore accélérer la relance d’une titrisation maîtrisée tout en travaillant à une régulation équilibrée entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Europe, sont aussi des axes à saisir. « L’une des grandes questions est de savoir ce que va faire Donald Trump aux Etats-Unis, a poursuivi Gérard Mestrallet Il faut remettre de la diplomatie financière dans les relations internationales. Enfin, cette diplomatie passe aussi par l’abandon de projets qui nuisent à la capitale, comme la taxe sur les transactions financières ou encore le retour en arrière sur le régime fiscal des actions gratuites. Bref, autant de revendications légitimes pour renforcer la place de Paris, à l’heure où les institutions financières doivent faire le choix de leur futures installations européennes. Encore faut-il, en effet, que ce sujet, fasse partie des préoccupations des candidats à l’élection présidentielle…

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