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Emergents : les gagnants et perdants de l'effondrement du pétrole

La chute des cours de l'or noir a accentué la différenciation entre pays émergents. Ceux dont l'or noir représente la principale source de revenus sont bien sûr les plus touchés, comme le Venezuela.
Puits de pétrole
Puits de pétrole

Les émergents n’ont plus vraiment la cote auprès des investisseurs, après être apparus comme le nouvel eldorado au moment de la crise Lehman, où ils étaient les seuls à surperformer. Mais depuis l’été 2012 et la forte remontée des taux américains, nombre d’entre eux ont rencontré des problèmes d’ordre politique économique ou monétaire, connaissant alors un fort mouvement de retrait de capitaux étrangers. Ce tableau assez sombre masque pourtant de fortes disparités entre Etats et une contribution au PIB mondial qui reste très importante.

Selon le FMI en effet, les émergents (c’est-à-dire ceux dont le revenu annuel net moyen est inférieur à 12.000 euros) ont représenté 70% du PIB mondial l’an dernier et le chiffre devrait rester le même l’an prochain. « Les BRIC pris séparément sont les seuls à pouvoir tirer le développement global », explique ainsi Christian Déséglise managing director chez HSBC. La contribution des émergents au PIB mondial exprimée en dollars est en revanche moins importante, de 50% en 2014, en raison de la forte chute de leurs devises. « La volatilité des monnaies a eu un impact important sur l’apport de ces Etats à la croissance mondiale en dollars », poursuit le directeur.

Une baisse des monnaies émergentes l’an dernier qui résulte en partie de l’effondrement des prix du baril, qui a perdu près de 50% sur l’année. Tous les pays ne sont cependant pas logés à la même enseigne : les gros exportateurs d’or noir sont naturellement les plus en difficulté. Le Brésil, dont la dépendance aux exportations de matières premières a augmenté de 50% en 20 ans, sera particulièrement vulnérable, estiment l’ensemble des analystes. Le pays a ainsi massivement investi dans l’exploration de ses sous sols au large de ses côtes, via la compagnie Petrobras, qui s’est lourdement endettée pour cette occasion. «L’un des risques majeurs pour le Brésil serait un défaut de Pétrobras, dont la dette représente 90 milliards de dollars », explique ainsi Daniel Larrouturou, directeur général délégué de Diamant Bleu Gestion.

La Russie est évidemment un des autres pays qui devrait souffrir le plus de l’effondrement des prix de l’or noir, elle dont le simple pétrole brut représente plus de 30% de ses exportations et 14% pour les produits du raffinage. Sachant que le pays a basé son budget 2015 sur un prix du pétrole à 105 dollars le baril, il sera de fait dans le rouge l’an prochain. Le Venezuela a quant à lui fondé son budget sur des prévisions encore plus optimistes, avec un baril à 121 dollars. Il est le pays dont le défaut est le plus probable cette année, selon le consensus. Le Venezuela qui dispose des plus grandes réserves mondiales de pétrole tire en effet des hydrocarbures 96 % de ses recettes à l’exportation. Or, l’export représente 25 % du PIB. Sachant qu’il importe la quasi-totalité de ce qu’il consomme et ne dispose plus que de deux mois de réserves de change rapportées aux montants des importations, il sera bientôt à court de liquidité pour rembourser ses échéances.

Cette chute de prix est en revanche une bonne nouvelle pour les pays émergents importateurs tels que la Turquie ou la Chine. Et encore plus pour ceux d’entre eux subventionnant les carburants (Égypte, Inde ou Maroc). L’évolution de l’or noir a ainsi accru les disparités entre pays et les investisseurs devront encore davantage augmenter la sélectivité de leurs placements dans ces pays l’an prochain.


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