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La corrélation entre les marchés s’affaiblit selon la BRI

Dans son rapport trimestriel, l’institution internationale revient sur les différences d’orientation entre les régions et leurs impacts dans la valorisation des actifs. Elle revient aussi sur le rôle toujours aussi important du dollar dans les échanges internationaux.
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« La politique a resserré son emprise sur les marchés financiers au cours du trimestre écoulé, reprenant le pas sur l'économie » souligne en ouverture de son rapport trimestriel, Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de la BRI. Ainsi, l’institution internationale relève que les corrélations entre les actifs, les régions et les secteurs se sont écartées au cours de ces trois premiers mois de l’année. D’un coté, il y a les Etats-Unis, où les espoirs de relance ont entrainé une escalade des actions américaines, un rendement élevé des bons du trésors et un dollar fort. De l’autre, l’Europe où la politique fait la pluie et le beau temps sur les actifs de la zone euro, entrainant là encore une divergence entre les actifs eux mêmes, notamment entre les emprunts d’Etat français et allemands. Au milieu, les pays émergents qui sont partagés entre un resserrement de la politique monétaire américaine entrainant un dollar toujours plus fort et donc un poids de leur dette plus conséquent et les risques de plus en plus importants du protectionnisme dans le monde. Aussi, pour Claudio Borio, « la rupture des corrélations contraste fortement avec la période de l'après-crise où, pour l’essentiel, des vagues successives d’appétit puis d'aversion pour le risque avaient tendance à entraîner l’ensemble des valeurs à la hausse puis à la baisse ».

Parallèlement à ces différences d'approches politiques dans le monde, les cours des actions ont été soutenus par les différentes données économiques qui confirment une amélioration générale des données macro économiques et de leur perspective, dans les pays développés. Tous les indicateurs semblent au vert : industrie manufacturière et emplois s’améliorent, l’inflation repart partout. Du coté des politiques monétaires, là aussi la BRI note une divergence des orientations prises par les banques centrales, la Fed a confirmé ses futures remontées de taux, alors que la BCE et la Banque du Japon laissent pour l’instant leurs politiques inchangées. Au final, « les principaux marchés de titres à revenu fixe et les taux de change ont reflété cette divergence » note la BRI.

Enfin, la BRI relève le rôle toujours prépondérant du dollar dans le système global. La dette totale en dollars des entités non bancaires hors des États-Unis s’établissait à 10 500 milliards de dollars fin septembre 2016, en hausse de 420 milliards de dollars sur 6 mois. Le crédit en dollars aux emprunteurs non bancaires des marchés émergents atteignait 3 600 milliards de dollars, en légère hausse sur la même période. Ainsi, le montant total de la dette en dollars continue de croître mais les financements en dollars ont été touchés par la réforme des fonds monétaires américains. « Cette réforme, qui est entrée en vigueur en octobre 2016, exige des grands fonds du marché monétaire américain qu’ils suivent le modèle de la valeur liquidative variable, et modifie d'autres règles affectant les investisseurs » rappelle la BRI. Au final, ce changement de modèle et de structure des fonds monétaires a eu un impact sur le financement en dollars des banques non américaines par ces fonds. Avant la réforme, ces banques levaient plus de 1 000 milliards de dollars par an auprès des fonds monétaires. « Entre septembre 2015 et décembre 2016, les banques non américaines ont perdu environ 555 milliards de dollars de financements émanant des grands fonds » note encore la BRI. Mais contrairement à ce qu’on aurait pu croire, leurs financements en dollars n’ont finalement pas trop souffert, les banques non américaines utilisant désormais plus systématiquement les dépôts en dollars, conclut la BRI.

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