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Macro-économie / Régulation

L'OPEP s'inquiète des conséquences de la COP 21 sur le prix du pétrole

L'organisation a déclaré que la demande de pétrole mondiale pourrait définitivement décliner d'ici à 13 ans si les accords de Paris sur le climat sont pleinement respectés. Un avertissement qui, dans un contexte de prix du baril déjà au plus bas, devrait encore davantage inciter les pays producteurs à diversifier leur économie.
Pétrole - essence - station
Pétrole - essence - station

Le pétrole est reparti à la baisse après que les membres de l'OPEP et les autres pays producteurs n'aient finalement pas réussi à se mettre d'accord sur un relèvement du plafond de leur production le 31 octobre dernier, à Vienne. Alors qu'il avait grimpé  au-dessus de 50 dollars le baril après que l'Arabie Saoudite ait déclaré fin septembre à Alger que les pays de l'OPEP s'entendraient bientôt sur un nouveau seuil de production, le Brent a de nouveau dégringolé depuis fin octobre, et s'échangeait en fin de journée à 46 dollars. L'or noir a particulièrement chuté hier, de plus de 0,6%, après de nouvelles déclarations de l'organisation au sujet de la demande mondiale.

Le cartel a ainsi déclaré dans son rapport mensuel que le pic de la demande mondiale serait atteint d'ici à 13 ans si les signataires de la COP 21 respectaient l'ensemble des mesures décidées l'an dernier à Paris. L'accord sur le climat est justement entré en vigueur le 4 novembre, soit un processus plutôt rapide quand on sait que le Protocole de Kyoto avait mis plus de 7 ans avant d'entrer en vigueur. Si l'abandon de l'extraction des énergies fossile n'est pas évoqué dans le texte de décembre 2015, l'Arabie Saoudite s'étant justement opposée à toute mention des mots "pétrole", ou "charbon", les pays producteurs de pétrole ont visiblement pris conscience que l'évolution naturelle de la demande mondiale énergétique irait progressivement vers des sources moins polluantes ou du moins plus faciles à recycler. L'accord prévoit en effet de limiter le réchauffement climatique "bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels" et si possible de viser à "poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C". Et ce, bien sûr, en réduisant les investissements dans les énergies fossiles afin de favoriser un développement économique à faible émission de gaz à effet de serre.

"Les politiques environnementales qui seront mises en place dans le sillage des accords de la COP21 pourraient potentiellement réduire la demande en énergie et le niveau de consommation de pétrole, de façon à altérer le mix énergétique substantiellement", ont ainsi déclaré les membres de l'OPEP dans leur rapport mensuel. Le rapport mentionne deux scénarios possibles : l'un où les pays ne réduiront que très progressivement leur dépendance aux énergies fossiles, avec une demande qui pourrait dans ce cas croître jusque 2040. Et un scénario B où les pays atteindraient les objectifs de la COP 21 plus rapidement entraînant une réduction de la demande dès 2029. Le pic de la demande atteindrait ainsi 100,9 millions de barils par jour avant de diminuer autour de 98,3 millions d'ici à 2040, soit une baisse de plus de 10% par rapport au niveau envisagé dans le scénario A "de référence". "Les politiques destinées à améliorer l'efficacité énergétique et la pénétration de plus en plus rapide sur les marchés de véhicules fonctionnant avec des énergies alternatives devraient significativement affecter la demande à la baisse", poursuivent les auteurs du rapport de l'OPEP. Selon certains prévisionnistes, plus d'un tiers des ventes de nouveaux véhicules et un quart de la totalité de ceux en circulation devraient être électriques d'ici à 2040.

Ces déclarations de la part de l'OPEP, qui devraient plaire aux défenseurs de l'environnement, sonnent en tout cas comme un avertissement supplémentaire pour les pays du Golfe totalement dépendants de la production d'or noir. Ceux-ci ont d'ailleurs déjà dû s'adapter et réorienter une parie de leur économie, depuis l'effondrement des prix du baril à l'été 2014 (le Brent s'échangeait à plus de 110 dollars en juin 2014). L'Arabie Saoudite a ainsi dû se rendre sur les marchés pour la première fois de son histoire cette année, afin de financer une partie de son déficit, en forte hausse du fait de la chute des prix. Le Royaume saoudien a également prévu de coter en Bourse une partie de Saudi Aramco, le groupe qui gère l’exploitation des ressources pétrolières du pays et plus grosse entreprise énergétique mondiale, dans le cadre de son grand plan de transformation économique et social. L'argent levé devrait lui permettre de créer un fonds souverain et ainsi d'investir dans différents actifs mondiaux pour diversifier ses sources de revenus.

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