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Benoit Coeuré interpelle les Etats-Unis sur la dérégulation
Lors d’un discours intitulé « le péril de l’isolation », prononcé à New York devant le conseil des affaires étrangères, le membre du directoire de la BCE a souhaité soulever quelques questionnements face à un retour à l’isolationnisme. Et son constat est clair : « Le démantèlement des standards réglementaires pourrait non seulement rendre les marchés financiers moins surs, mais il serait aussi injuste pour ceux qui sont en dehors des standards », souligne-t-il. En d’autres termes, une dérégulation pénaliserait l’ensemble des places financières.
En effet, depuis plusieurs années, l’action du Fonds de Stabilité Bancaire (FSB), du comité de Bâle et des autres autorités de régulations montre la capacité de la communauté internationale à travailler ensemble et revoir les règles de marchés applicables au monde entier. L’objectif, a priori atteint, était, après la crise, de freiner l’exubérance des marchés financiers, protéger les contribuables de sauvetages coûteux et accroître la coopération internationale. « Ces réformes ont sans aucun doute rendu les marchés financiers mondiaux plus résilients », se félicite Benoit Coeuré. Rappelant par ailleurs que toutes ces réformes ont permis à l’économie de se reprendre via notamment les prêts des banques aux entreprises et particuliers, qui ont recommencé à croître ces dernières années.
« Tout ceci suggère que le cadre réglementaire est un élément essentiel à la croissance saine d’un pays », insiste encore Benoit Coeuré. Mais dans le cas de la globalisation des économies, la régulation financière doit elle aussi s’internationaliser et devenir le standard mondial. Cet exercice de coopération internationale et de mise en évidence de standards globaux ne doit pas faire face à des « formes cachées » de tolérances par rapport à certaines règles ni à un assouplissement des règles en vigueur. « Retourner en arrière sur la réglementation financière internationale pourrait raviver le manque de confiance, créer une fragmentation des marchés et augmenter le risque d’arbitrage réglementaire avec un nivellement vers le bas, ajoute Benoit Coeuré. Les enjeux sont trop importants pour permettre à ce court-termisme de prospérer ».
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