Isabelle Buffard-Bastide (Desfilis) : de l'équilibre avant toute chose
Isabelle Buffard-Bastide est issue de la première promotion du magistère de juriste d'affaires de l'université Paris II Assas. Celle qui est née et a grandi à Paris a passé le concours pour intégrer cette fameuse classe, dont elle continue d'ailleurs à voir ses camarades. Si Isabelle Buffard-Bastide a choisi le droit, et en particulier celui lié aux affaires, c'est d'abord pour le côté intellectuel et pragmatique de la matière, pour les rencontres qu'elle avait pu faire avec le milieu mais aussi peut-être un peu par provocation - certains professeurs agissant encore à l'époque avec peu de sympathie envers les jeunes femmes. Parmi les intervenants au sein de ce magistère : Philippe Peyramaure qui travaillait pour Bureau Francis Lefebvre. Et c'est justement dans ce cabinet qu'Isabelle Buffard-Bastide déroulera plus de 20 ans de carrière. "Quand je suis arrivée, Philippe Peyramaure venait de créer une équipe transactionnelle juridique", se souvient celle qui sera nommée associée.
Isabelle Buffard-Bastide avait aussi envie de terrain. "Je ne me voyais pas rester dernière un bureau toute la journée. Si l'expertise est un prérequis, je voulais être aux côtés des clients, j'avais cette volonté de négocier". Aux côtés de Philippe Rosenpick, elle apporte sa pierre au développement de l'activité transactionnelle du cabinet. Les avocats se construisent alors une clientèle assez variée et fidèle, avec l'idée d'aider chacun quand tout va bien, mais aussi dans les périodes difficiles et à risque. Après des années de "rencontres formidables", Isabelle Buffard-Bastide et Philippe Rosenpick se posent la question de la suite. "On avait envie de se réapproprier notre métier et de l’exercer de façon différente", poursuit l'avocate. Or, Philippe Rosenpick avait rencontré sur un dossier Frédéric Pinet, spécialiste des M&A, associé chez Desfilis où il greffe le transactionnel au patrimonial - coeur de métier de José Desfilis. La rencontre s'opère. Les différentes parties se trouvent des points communs sur la fidélité ou encore l'excellence de l'expertise.
Depuis Isabelle Buffard-Bastide continue à s'occuper de grosses PME et de fonds de private equity. Parmi ses spécificités : celle de trouver le juste équilibre. "Je souhaite bien entendu négocier des accords qui soient les meilleurs pour mes clients, mais je souhaite également toujours maintenir un équilibre entre les différentes parties. Ce n'est pas du compromis. Il faut simplement comprendre que si vous négociez trop bien, vous risquez de rompre l'alignement et la solidarité entre les forces en présence, cela peut être par la suite préjudiciable pour l’ensemble des parties", explique l'associée. Isabelle Buffard-Bastide travaille ainsi sur des management packages, des cessions ou encore des acquisitions. Elle a par exemple mené plusieurs opérations pour Le Petit Forestier - un de ses clients de longue date qui était par ailleurs conseillé sur le plan patrimonial par José Desfilis avant qu'elle n'intègre le cabinet. Elle a aussi travaillé par Bouygues Immobilier à l'occasion de la cession récente d'une de leur filiale ou encore pour Shark, qui a été racheté par Eurazeo PME. Elle a aussi passé beaucoup de temps sur le dossier Maranatha (pour Tikehau et LGH), qui a finalement été remporté par Colony Capital.
L'équilibre d'Isabelle Buffard-Bastide passe également par sa vie privée, faite d'un mari et de deux grands enfants. Il est également assuré par le sport et un petit refuge dans le Sud. L'avocate planche aussi sur l'équilibre hommes/femmes. Chez Desfilis, elle a lancé avec les trois autres associées (sur 11 en tout, soit un bon ratio par rapport à beaucoup de cabinets) un événement dédié à leurs clientes. "Les femmes ont les mêmes chances et possibilités que les hommes. Il leur manque juste parfois les codes et un réseau, qu'elles doivent pourtant très vite se constituer", explique Isabelle Buffard-Bastide. D'où l'intérêt d'organiser des rencontres entre elles.
En outre, avec Philippe Rosenpick, ils ont mis en place le Cercle One, une sorte de club qui organise des rendez-vous, de manière à échanger et partager des expériences sur un sujet. Le deuxième s'est déroulé sur les bonnes pratiques en matière de management packages. Sur ce sujet, l'avocate note l'amendement adopté en première lecture à l'Assemblée nationale, qui permettrait de faire bénéficier tous les salariés d'une partie des plus-values des actionnaires. "L'entreprise, c'est une grande famille. Chacun doit avoir une juste rétribution. Il existe plusieurs pistes de croissance et on doit pouvoir les ouvrir pour en faire profiter tout le monde".
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