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Les sociétés du CAC 40 transparentes sur leur gestion du risque de change
L'année 2016 a été marquée par de fortes perturbations sur les marchés de change et les entreprises françaises ont du adapter leur communication à cet environnement troublé, selon une étude de Mazars sur le sujet. Côté européen, l'événement majeur sur le marché des devises a bien sûr été le Brexit, qui a entraîné un effondrement de la livre britannique de plus de 40% post référendum du 23 juin. Un sujet que les entreprises du CAC 40 n'ont pas manqué de mentionner, selon les auteurs de l'étude. Ainsi deux tiers des sociétés de l'indice phare parisien et étudiées dans le panel, ont évoqué le Brexit et les conséquences qu'il pourrait avoir sur leur business dans leur document de référence 2016. Les trois quarts de ces entreprises ont également mentionné la dépréciation de la devise et sa forte volatilité. "Le Brexit est principalement mentionné dans le rapport de gestion et la gestion des risques mais également dans les états financiers", bien souvent en raison "des incertitudes ou prévisions d'instabilités économiques liées à cet événement", explique Mathieu Vincent, associé chez Mazars. Si certaines entreprises ne font que mentionner ce risque, d'autres, telles que Legrand ou LafargeHolcim se sont couvertes contre le Brexit. De façon générale, les sociétés ayant exprimé une inquiétude sont principalement les entreprises de l'industrie lourde, telles qu'Airbus, PSA, Schneider Electric et celles du secteur de la construction ou immobilier, telles que Bouygues ou Unibail-Rodamco.
Autre événement politique majeur qui a influencé le marché des devises l'an passé, l'élection de Donald Trump, qui a entraîné une forte volatilité sur le dollar américain. Une grande majorité des entreprises du CAC 40 ont ainsi mentionné le billet vert et se sont couvertes en EUR/USD, selon Mazars. Ainsi, 60% des entreprises ont mentionné le dollar en citant les risques liés au résultat du scrutin américain : le luxe, le secteur bancaire ainsi que les énergies renouvelables ont anticipé négativement les décisions prises par le Président républicain, alors que les énergies fossiles, la technologie et le bâtiment y ont vu un impact favorable.
Le cabinet d'audit souligne également à quel point les entreprises ont amélioré leur communication sur le risque de change puisque fin 2011, seules 19 sociétés sur les 36 étudiées avaient précisé quel avait été l'impact du taux de change sur leurs résultats, alors que l'ensemble d'entre elles a mentionné son impact en 2016. Par ailleurs la façon de communiquer sur ce sujet se veut de plus en plus transparente et claire : ainsi, près de 40% d'entre elles ont présenté le chiffre d'affaires et au moins deux agrégats du compte de résultat pour expliquer l'incidence du taux de change sur leurs performances l'an passé, contre à peine 10% d'entre elles en 2011. "En matière de communication sur l'effet de change, la tendance est donc à l'harmonisation des pratiques", souligne le cabinet d'audit.
Une évolution qui résulte notamment de l'application de la norme IFRS7, qui impose un cadre à la communication sur la sensibilité des entreprises aux différents risques de marché, dont le risque de change fait bien sûr partie. Afin de mesurer l'impact que pourrait avoir une variation de devises sur leur état financier, les sociétés du CAC 40 publient généralement les principales monnaies qui affectent le groupe, le taux de variation d'une devise par rapport à une autre et les indicateurs sur lesquels ces tests sont effectués. Dans ce cadre, le dollar et la livre sterling sont les deux devises qui ont été le plus mentionnées dans les documents de référence, quand les entreprises évoquent les tests de sensibilité aux taux de change. Les devises émergentes ont par ailleurs été citées beaucoup plus souvent qu'en 2015.
Enfin, les documents de référence de 2016 des entreprises du CAC 40 soulignent que la plupart d'entre elles se préparent à la mise en place de la norme IFRS9 "instruments financiers", à partir du 1er janvier prochain. Rappelons que cette nouvelle norme intégrera notamment des obligations complémentaires de communication sur le risque de change et sur la gestion du risque par couverture de change. A l'approche de son application, 97% des sociétés du panel ont évoqué cette norme dans leur document de référence, contre 83% en 2015. La plupart des entreprises indiquent que cette nouvelle norme ne devrait pas avoir d'incidence majeure sur leurs états financiers, selon le cabinet d'audit. Et si aucune n'a exprimé son intention d'appliquer la norme de façon anticipée, une communication accrue est attendue pour le prochain exercice, conclut Mazars.
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