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Villeroy de Galhau pousse aux rapprochements trans-européens

Le gouverneur de la Banque de France trouve le moment propice pour que les banques françaises entament un mouvement de consolidation avec leurs homologues européennes. Mais celles-ci vont-elles se laisser influencer ? Les nouveaux cadres réglementaires et la chasse faite aux banques systémiques n'y poussent pas.
François Villeroy de Galhau - BNP Paribas
François Villeroy de Galhau - BNP Paribas

Le marché des M&A bat son plein et nombre de banquiers qualifient déjà le millésime 2017 d’historique. Et ce n’est peut-être pas fini. Surtout si les premiers intéressés écoutent la parole de François Villeroy de Galhau qui, ce matin, n’a pas caché son souhait de voir les banques françaises aller faire leur «shopping» à l’international. « Le moment est propice pour les banques, en particulier les françaises, de reprendre les fusions transfrontières en Europe maintenant que leur cadre prudentiel est stabilisé avec l'accord sur les nouvelles règles de Bâle III », a ainsi lancé le gouverneur de la Banque de France, ajoutant que l'accord conclu début décembre par les principaux organes de supervision était très important en ce qu’il clarifiait « les règles du jeu pour les dix ans qui viennent ».

Ce discours est-il de nature à convaincre les champions hexagonaux de reprendre le chemin de la consolidation après avoir plutôt préféré faire l’inverse ces dernières années en raison, principalement, des changements incessants de réglementation et d’exigences toujours plus draconiennes du côté des ratios de couverture et de liquidité ? Ce qui n’a, certes, pas empêché Société Générale de rester en Russie malgré les difficultés rencontrées par le pays et Crédit Agricole de se renforcer en Italie via notamment ses activités de gestion d’actifs. Il ne fait aucun doute, cependant, que les établissements français font déjà face à deux grands défis bien prenants : réussir leur digitalisation et gérer un réseau d’agences bien trop pléthorique. S’ils devaient acquérir un homologue européen doté, lui aussi, d’un copieux réseau, les problèmes seraient donc démultipliés. Reste les activités de gestion d’actifs ou de banque privée, susceptibles d’être plus attractives.

Un changement des mentalités avait pourtant été décelé il y a deux mois lorsque BNP Paribas comme Crédit Agricole avaient fait montre de s’intéresser à Commerzbank. Sans vouloir toutefois trop donner de matérialité à ces supposées marques d’intérêt. Philippe Brassac, le nouvel homme fort de la banque verte avait toutefois publiquement indiqué qu’il ne pourrait pas laisser passer des opportunités européennes si elles se présentaient. « Avoir des banques paneuropéennes à l'intérieur d'une union monétaire que nous avons faite, à l'intérieur d'une union bancaire que nous construisons, c'est un vrai atout économique car les besoins d'investissement en Europe sont énormes », a souligné le gouverneur de la Banque de France.

Mais François Villeroy de Galhau peut-il vraiment pousser ces établissements à se rapprocher alors que les régulateurs passent leur temps à leur reprocher d’être trop gros et par conséquent susceptibles d’être systémiques ? Même si la crise de 2008 semble bel et bien derrière tous les plus grands acteurs bancaires, les précautions prises par les gouvernements et leurs organes de régulation ne poussent en effet pas aux emplettes somptuaires.

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