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Le Trésor devrait encore battre des records en termes de coût de refinancement en 2016
Si la bonne signature de la France lui a permis en 2015 d'émettre à des taux toujours plus bas, l'Hexagone peut également remercier le programme de rachats de titres instauré par la BCE sans lequel elle n'aurait clairement pas émis à de tels niveaux historiques. Selon le rapport d''activité de l'Agence France Trésor pour 2015 en effet, la France a enregistré l'an passé un coût de financement moyen de 0,63% sur ses émissions de dette à moyen et long terme, contre un précédent plus bas de 1,31% en 2014 et une moyenne historique de 4,15% entre 1998 et 2008 ! Quant aux émissions de dette à échéance un an ou moins, leur rendement moyen s'est établi à -0,19%, contre un taux de 0,07% un an plus tôt. Selon Anthony Requin, directeur général du Trésor, la France a bénéficié, à la fois, d'un "contexte économique marqué par une croissance modérée et une faible inflation", mais également de la "politique monétaire non conventionnelle d'achats d'actifs lancée par la BCE". Ces excellentes conditions de financement sont aussi la preuve que "la France inspire confiance aux investisseurs", estime le directeur.
Des investisseurs de plus en plus diversifiés et majoritairement étrangers, toujours selon le rapport, puisque la détention de la dette française par des étrangers représentait fin 2015 près de 62% de l'encours total soit une proportion relativement stable depuis 2008 mais avec une base plus variée sur les échéances de long terme (banques centrales et institutions publiques, entreprises d'assurance et fonds de pension, banques commerciales et gestionnaires d'actifs). Afin de répondre à la demande grandissante des investisseurs, en recherche de rendement, pour les titres de plus long terme, le Trésor a par ailleurs augmenté la part de ses émissions sur ce segment en 2015: les titres de maturité dix ans et plus ont ainsi représenté 54,5% des émissions en 2015, contre 52,3% en 2014 et 45,1% en 2013 !
Conséquence directe de cette recherche de rendement des investisseurs, une hausse de la durée de vie moyenne des émissions et de l'encours de la dette globale. Ainsi la première est ressortie à 9,1 années en 2015 contre 8,9 années en 2014 tandis que la durée moyenne de la dette totale a atteint 7 ans et 47 jours, soit l'une des plus élevées de la zone euro, et supérieure à celle de l'Allemagne et l'Espagne. A titre de comparaison, la durée moyenne de la dette de l'Hexagone était autour de 5,9 années en 2003.
Le Trésor devrait encore afficher de nouveaux records pour 2016, lorsqu'il publiera son rapport d'activité: pour l'instant, les chiffres disponibles sur le site de l'AFT indiquent une durée de vie de 7 ans et 124 jours et un taux moyen des émissions à moyen et long terme depuis le 1er janvier 2016 de 0,36%, soit une baisse de 27 points de base par rapport au taux moyen affiché sur 2015. Il reste que l'AFT se prépare déjà à une sortie progressive du QE par la BCE, qui devrait entraîner une remontée des taux sensible sur la deuxième moitié de 2017. "Nous nous préparons à la fin du programme de QE (ndlr.pour l'instant prévue pour mars 2017) et à une normalisation ordonnée des conditions de financement, à savoir une hausse des taux découlant d'une croissance et d'une inflation raffermies en Europe et en France ainsi qu'aux effets attendus du resserrement graduel de la politique monétaire", conclut ainsi Anthony Requin dans son entretien publié en introduction du rapport d'activité.
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