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Anthony Scaramucci peut-il revenir à Wall Street?

L’ex-directeur de la communication de la Maison Blanche a été écarté à la demande du nouveau directeur de cabinet, John Kelly, après seulement dix jours à son poste. Il est dans une position délicate, car il a déjà donné son accord pour vendre son hedge fund, Skybridge Capital.
 Anthony Scaramucci
Anthony Scaramucci

« The Mooch », soit le pique-assiette, la sangsue. Le surnom peu affectueux donné à Anthony Scaramucci résume la relation difficile que l’éphémère directeur de la communication de la Maison Blanche entretient avec les médias. Après seulement dix jours à son poste, ce dernier a été remercié par le Président américain, du jamais-vu. Il venait de défrayer la chronique après la publication d’un entretien dans le New Yorker, où il insultait copieusement Reince Priebus, alors directeur de cabinet de la Maison Blanche, mais aussi Steve Bannon, plus proche conseiller du Président. L’ironie du sort veut que cette décision ait été prise à la demande de John Kelly, le nouveau directeur de cabinet de la Maison Blanche, alors que c’est Anthony Scaramucci lui-même qui venait d’obtenir la sortie de son prédécesseur.

L’homme est une figure incontournable de Wall Street qui, après avoir été recruté puis licencié, puis repris par Goldman Sachs dans les années 90, a monté sa firme, Oscal Capital Management, vendue à Neuberger Berman en 2001 puis passé dans le giron de Lehman Brothers en 2003. Deux ans plus tard, Anthony Scaramucci a fondé Skybridge Capital, un fonds de hedge fund, et lancé SALT, une grande conférence où se réunissent tous les ans les investisseurs les plus emblématiques du secteur. S’il a critiqué Donald Trump dans le passé, le traitant pas exemple de « fraude », ce dernier s’était rapproché de l’administration et avait convoité un poste dès le début de l’année. Pour prévenir tout conflit d’intérêt, il a alors décidé de vendre sa part dans sa firme et cet événement à un pool chinois, HNA Group et l’investisseur RON Transatlantic EG, pour 200 millions de dollars selon les rumeurs.

La transaction représente une sortie par le haut pour l’homme d’affaires, alors que le modèle des fonds de hedge funds s’essouffle, les investisseurs préférant investir en direct pour limiter les commissions. Au 31 mai dernier, Skybridge Capital gérait ainsi 11,4 milliards de dollars, contre 11,8 milliards à fin janvier. Quelles sont ses options, maintenant qu’il n’exerce plus de fonction publique ? « L’opération est maintenue. Il n’y a pas d’intention de l’arrêter », a déclaré un porte-parole de HNA, qui anticipe une finalisation de l’opération à la fin de l’été.

De l’autre côté, l’opération est moins intéressante au plan fiscal pour Anthony Scaramucci : ce dernier bénéficiait d’un report de taxe sur sa plus-value, étant donné qu’il avait accepté un poste administratif, mais cette règle ne s’applique plus désormais. Pourtant, il n’a aucun élément juridique pour la remettre en question. Autre piste : l’homme, qui avait vu le poste de directeur de l’Office of Public Liaison lui échapper en mars dernier, aurait envisagé de lancer une nouvelle firme de gestion d’actifs à destination des investisseurs individuels, en partenariat avec Jon Najarian, fondateur du family office Najarian et trader depuis 25 ans sur le marché des options à Chicago.


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