Comex : Rémy Cointreau reconfigure les portefeuilles
En juin, Rémy Cointreau va faire évoluer sa gouvernance dans le cadre d'un départ. Eric Vallat (HEC), DG de la Maison Rémy Martin depuis 2014 et président de Mount Gay Rum, a décidé de "donner une nouvelle orientation à sa carrière, dans un autre secteur", a annoncé le groupe début avril. Ainsi, ses fonctions sont-elles redistribuées entre deux membres du comité exécutif, ce qui entraîne un jeu de chaises musicales. Jean-Denis Voin (Essec) va prendre à son compte le rhum Mount Gay Rum, en sus de ses fonctions de DG de la division Liqueurs et Spiritueux (25% du CA). Poste qu'il occupe depuis 2016. Ladite division a été pénalisée l'an dernier (-3,8% en organique sur les 9 premiers mois de l’année 2017-18) par la déconsolidation de Passoã.
Quant à Philippe Farnier (EDC, Columbia university), DG de la zone Amérique pendant trois ans, ce dernier va récupérer la casquette Rémy Martin et aura également à ce titre la responsabilité de LOUIS XIII. Le cognac La Maison Rémy Martin, est l'un des très gros portefeuilles du groupe (65% du chiffre d'affaires), avec beaucoup de projets en cours, et a enregistré une belle performance sur les 9 premiers mois de l’année 2017-18 (+11,5%). Ce changement de braquet d'une direction de territoire à celle de produits permet à Ian McLernon (Nottingham Trent University, Loughborough University) de devenir le monsieur Amérique, zone qui compte pour 40% du chiffre d'affaires. L'homme est arrivé l'an dernier et a pris le titre DG Global Travel Retail, la partie duty free de Rémy Cointreau. Par conséquent, ce dernier poste change aussi de mains. Il tombe dans l'escarcelle de David Ennes (HEC), qui restera par ailleurs DG de la zone Asie, l'un des moteurs du groupe en 2017. Le rapprochement de la partie Asie (29% du CA) et du duty free a un sens puisque ces deux zones partagent la même clientèle chinoise.
Les sept autres membres de ce Comex de 12 âmes restent à leurs postes. C'est évidemment le cas de la DG, Valérie Chapoulaud-Floquet (EM Lyon), arrivée en 2014 après avoir déroulé sa carrière chez L'Oréal et LVMH et avec pour mission de redresser Rémy Cointreau. Elle n'est d'ailleurs pas la seule à connaître le monde du luxe. On pense à Jean-Denis Voin, ancien d'Yves Saint Laurent, à Philippe Farnier aussi passé par YSL mais aussi par Christian Dior, à Ian McLernon qui a lui-même connu Dior et Moët Hennessy. Même point commun pour Luca Marotta (université catholique de Milan) qui a fait dans la beauté chez L'Oréal et qui est à la tête des finances de Rémy Cointreau depuis 2013.
Pour sa part, Marc-Henri Bernard (universités Paris 8 et 1), DRH depuis 2015 est un ancien de Christofle. Ses sujets : faire de Rémy Cointreau l'un des meilleurs endroits où travailler, notamment en accélérant le télétravail et en développant la formation. Restent le directeur des opérations, Patrick Marchand (école d'ingénieur Oniris) et Spyridon Ghikas (Warwick Business School, the American College of Greece), DG zone Emea. Le premier est centré sur les enjeux que sont capacités de production du groupe, notamment dans le cadre des dernières acquisitions (whisky single malt). Le second, basé à Genève, est à la tête depuis plus d'une dizaine d'années d'un territoire qui pèse pour 31% du chiffre d'affaires du groupe. Enfin, Valérie Alexandre (EBS) est directrice du planning stratégique et de la communication corporate depuis 2016. Cette ex-Vuitton, L'Oréal et TNS Sofres planche dorénavant sur l'intelligence marketing, ce qui peut aider les marques à mieux comprendre les clients, à anticiper les tendances. Elle a un rôle de challenger, censé préparer le futur.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

