WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Le patron de Nestlé va-t-il se prononcer sur L'Oréal?

Arrivé à la tête du géant suisse en début d’année, Mark Schneider est attendu au tournant lors de la journée investisseurs ce mardi. Après le décès de Liliane Bettencourt, la pression devrait être plus forte pour vendre ses 23% dans L’Oréal, surtout avec un activiste dans l’équation.
Nestlé
Nestlé

Mark Schneider n’avait probablement pas anticipé, en préparant la journée investisseurs de Nestlé qui se tiendra à Londres aujourd’hui, que le décès de Liliane Bettencourt mettrait le dossier L’Oréal sur le devant de la scène. Le nouveau CEO du groupe agroalimentaire subit la pression de l’activiste Dan Loeb depuis quelques mois, qui a pris pied dans l’entreprise et lui a demandé des cessions d’actifs et une amélioration de la distribution aux actionnaires. Et notamment la vente du bloc de 23% que Nestlé détient dans le leader mondial des cosmétiques, afin de financer d’ambitieuses opérations de croissance externe.

Après 15 ans à la tête de Fresenius, un opérateur d’hôpitaux allemand qui a été introduit en Bourse et a bouclé pas moins de 30 acquisitions, Mark Schneider est arrivé à la tête de Nestlé avec la réputation de celui qui sait conduire le changement. Et le décès de l’héritière de l’empire L’Oréal lui offre un baptême de feu : aux termes du pacte d’actionnaires, Nestlé ne peut vendre ses parts pendant six mois, mais en revanche le droit de préemption réciproque qui liait les deux parties s’est éteint en 2014, date à laquelle Nestlé a décidé de vendre un premier bloc de 6%.

Ses propos sur la participation dans L'Oréal seront donc suivis de près, mais les analystes misent pour l’instant sur un statu quo et anticipent qu’à terme, le Suisse devrait être vendeur en raison des stratégies divergentes empruntées par les deux sociétés. Nestlé est actionnaire du Français depuis 33 ans, et a pour l’instant réalisé une très belle opération financière : en 1974, son emplette de 30% dans L’Oréal ne lui avait coûté que 260 millions d’euros, il a déjà vendu 6% pour 6,5 milliards d’euros en 2014 et pourrait encore dégager 24 milliards d’euros en sortant totalement du capital.

Une opération hors du commun pour L’Oréal s’il décide de racheter cette part, si bien que le groupe pourrait lui-même céder ses 9% dans Sanofi pour financer ce coûteux rachat. Mais aussi pour Nestlé, qui doit à la fois écrire son avenir, et trouver les bonnes cibles pour mettre cet argent rapidement au travail et au service de cette stratégie. Mark Schneider a déjà fait un geste important envers l’activiste Dan Loeb : il a annoncé un programme de rachats d’actions de 20 milliards de francs suisses (17,4 milliards d’euros). Et le groupe a également acquis la majorité de Blue Bottle, un groupe de café californien, sorte de Starbucks haut de gamme. Enfin, il se murmure que le Suisse étudie la cession de ses activités snacks aux Etats-Unis, qui génèrent 900 millions de francs suisses, mais sont en perte de vitesse et rognent sur les marges de la maison-mère.

Mark Schneider ne devrait pas abattre toutes ses cartes en même temps et se montrera probablement très prudent sur le sort du bloc L’Oréal. En février dernier, il avait d’ailleurs qualifié cette part de « hautement stratégique » et assuré qu’il n’était pas pressé de vendre. Mais depuis, l’activiste Dan Loeb est entré dans l’arène, et pourrait sans aucun doute précipiter les projets. Il faudra tout l’art d’un stratège couplé d’un diplomate pour offrir des garanties à un activiste remuant, sans compromettre une vision industrielle à long terme.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article