Les salaires des CEO américains à un nouveau record en 2017
Après la saison des résultats annuels et des assemblées générales, vient celle des statistiques sur les rémunérations des patrons. Et le millésime américain 2017 est l’occasion de constater que la première année de l’administration Trump a été profitable aux entreprises cotées américaines, mais aussi à leurs dirigeants. Selon les données compilées par LogIQ et le Wall Street Journal, la rémunération médiane des CEO du S&P 500 a atteint un nouveau record post-crise, à 12,1 millions de dollars. L’occasion également de constater que les plus généreusement rétribués par leurs actionnaires ne sont pas forcément ceux qui ont obtenu les meilleurs rendements.
En 2017, la palme du CEO le mieux payé revient à une entreprise nouvellement américaine : le fabricant de semiconducteurs Broadcom, qui avait annoncé une offre géante de 117 milliards de dollars sur Qualcomm en novembre dernier et annoncé le déménagement de son siège de Singapour vers les Etats-Unis pour obtenir les faveurs du gouvernement américain. Las, le deal a été bloqué par le Président américain pour des raisons d’intérêt stratégique, mais cela n’a pas empêché son P-dg Hock Tan, d’empocher la modique somme de 103,2 millions de dollars, en hausse de 57% sur un an. C’est 30% de plus que la deuxième place du podium, Leslie Moonves, qui dirige le groupe de médias CBS. Les secteurs de la pharmacie, médias, technologie et finance ont été les plus généreux avec leurs dirigeants, et occupent 16 places du Top 25.
A l’inverse, certains CEO continuent à se distinguer par leurs -très- faibles émoluments. Ainsi, Larry Page, cofondateur et P-dg d’Alphabet, n’a engrangé qu’un seul dollar au titre de 2017, sachant que sa fortune est déjà estimée à près de 50 milliards de dollars. Le célèbre Warren Buffett est avant avant-dernier, avec une rémunération globale de 100.000 dollars, tandis que Jeff Bezos, chez Amazon, se classe quatre rangs plus haut et ne perçoit « que » 1,2 million de dollars.
Les femmes sont encore largement en minorité, et n’occupent que 25 sièges dans le S&P 500. Parmi elles, Indra Nooyi, patronne de Pepsico, a été la mieux rémunérée avec 31,1 millions de dollars, un package stable par rapport à 2016. Une fois n’est pas coutume, les dirigeants les mieux payés ne sont pas ceux qui ont généré les meilleurs rendements à leurs actionnaires, loin s’en faut. Le décalage le plus flagrant est celui du groupe NRG Energy, dont le CEO Mauricio Guttierez a vu son chèque global grimper de moins de 10% à 9 millions de dollars, alors même que le rendement a progressé de 134% sur l’année. La palme de la distribution revient à la biotech Nektar Therapeutics, qui affiche un retour exemplaire de 387% et a plus que triplé le salaire de son patron, à 18 millions de dollars. A l’inverse, Kevin Plank, CEO de la marque de vêtements Under Armour, a vu sa rémunération doubler à 4 millions de dollars, alors même que le rendement a été divisé par deux en 2017.
Enfin, les entreprises américaines du S&P 500 ont dévoilé pour la première fois les salaires médians de leurs employés, afin de les comparer à ceux de leurs dirigeants. Malgré ses déboires récents, Facebook se distingue ici puisque la rémunération médiane de ses salariés est une des plus élevées, à plus de 240.000 dollars. A l’inverse du spectre, l’un des écarts les plus importants a lieu chez McDonald’s ou encore Gap, où le salaire médian n’est que de 7.000 et 5.300 dollars, tandis que les salariés touchent respectivement 3.100 et 2.900 fois moins que leurs patrons…
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