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Assurance-vie : les unités de compte prennent le dessus pour la première fois
Les habitants de l’Hexagone semblent mieux accepter le risque en matière d’investissement pour leur épargne. Pour la première fois, la part des unités de compte (54%) dans la collecte nette de l’assurance-vie a dépassé celle des supports en euros. « Les Français cherchent un meilleur rendement et pour cela ils sont prêts à prendre plus de risques », a ainsi commenté Bernard Spitz, Président de la Fédération Française de l'Assurance (FFA) à l’occasion de la conférence annuelle de l’organisme. Ces placements, plus audacieux, ont d’ailleurs été payants puisque le taux de rendement (net de l’inflation) moyen pour 2015 a été de 3,1% pour cette classe d’actifs. A titre de comparaison, les supports en euros ont rapporté 2,3%, les PEL 2% et les Livrets A et LDD 0,9%.
« L’augmentation de la collecte des contrats en unités de compte est le résultat d’une promotion active de ces produits par les assureurs, au détriment des produits garantis qui sont de plus en plus coûteux dans l’environnement de taux bas actuel », a réagi Benjamin Serra, Vice President - Senior Credit Officer chez Moody's. « Mais la collecte en unités de compte a également bénéficié de la bonne performance des marchés boursiers et l’augmentation de la volatilité constatée depuis quelques mois pourrait rendre la commercialisation de ces produits plus difficile pour les assureurs en 2016 ».
Plus globalement, l’assurance-vie a enregistré une collecte nette en hausse à 24,6 milliards d’euros, contre 22,6 milliards en 2014. Bien que ces chiffres restent en-deçà d’une année comme 2010 (51 milliards), la reprise est en marche depuis 2012, année où la décollecte avait été de 6 milliards d’euros. Bernard Spitz a également précisé que le chiffre d’affaires des assureurs avait été de 208 milliards d’euros pour 2015.
En outre, 2 188 milliards ont été investis par l’assurance française dans les entreprises. Dans le détail, 37% de ces investissements se sont fait en obligations (18% en actions). A noter que les PME et ETI ont bénéficié de ce soutien à hauteur de 53,4 milliards (+5% sur un an) et que Novo, le fonds de prêts aux PME-ETI, a déjà levé 1 milliard d’euros et sera à nouveau alimenté d’un tiers. « L’argent des assurés est fondamentalement placé dans le financement des entreprises », s’est félicité le Président de l’AFA. Sur cette bonne nouvelle, le patron de la Fédération a rappelé la nécessité continuer à se faire entendre afin d’avoir des réglementations en ligne avec les besoins de financement à long terme de l’économie.
C'est d'ailleurs à ce titre que la conférence du jour s'est tenue à deux voix. Pascal Demurger, vice-président de l’AFA était aux côtés de Bernard Spitz. « Notre présence commune est un symbole fort », a commenté le premier. Les deux maisons (FFSA et GEMA), dont ils sont les hommes forts, ont en effet été unifiées en fin d'année dernière. Les deux dirigeants ont profité de cette allocation pour préciser les statuts de ce nouvel organisme et présenter les commissions de travail qui vont ou qui l’incarnent déjà concrètement.
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