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Le départ le plus controversé de l’administration Trump

Après le départ de Gary Cohn, le conseiller économique du Président, opposé à l’instauration de tarifs douaniers, ce ne sont pas moins de 22 officiels de l’administration Trump qui ont soit démissionné soit été remerciés par la Maison Blanche. L’élan protectionniste américain a de moins en moins d’adversaires.
Gary Cohn
Gary Cohn

Son départ était attendu, voire redouté par tous les adeptes du libéralisme économique, c’est désormais chose faite. Gary Cohn, le conseiller économique du Président et ancien président de Goldman Sachs, a jeté l’éponge et démissionné de son poste de directeur du National Economic Council, après avoir échoué à convaincre Donald Trump de ne pas annoncer de hausse de tarifs douaniers sur l’aluminium et l’acier européen. Ce dernier pourrait être remplacé par le Secrétaire au Commerce Extérieur, Peter Navarro, connu pour ses positions protectionnistes et hostiles à la Chine, et qui a lui-même poussé à l’annonce de ces nouvelles barrières douanières.

Avec le départ de Gary Cohn, l’administration Trump aura connu 18 licenciements ou démissions au sein de la Maison Blanche, ainsi que deux postes au sein de l’exécutif et un membre de cabinet. Un record pour un gouvernement américain aussi jeune, et qui pose la question de l’orientation de l’équipe autour du Président américain. Ce dernier a d’ailleurs confirmé qu’il comptait aller jusqu’au bout de ces mesures et ce matin, Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, a enfoncé le clou en indiquant que ces tarifs seraient mis en place « très, très rapidement ». Le retrait de Gary Cohn, figure emblématique de Wall Street, a momentanément inquiété les marchés, le Dow Jones reculant de 0,6% ce matin, mais pas suffisamment pour remettre en cause l’euphorie lié au retour de la croissance et à de bonnes salves de résultats des corporates.

Il n’empêche qu’en à peine un peu plus d’un an d’exercice, l’administration Trump aura perdu de nombreux soldats. Cela a commencé mi-février 2017, avec la démission du fameux Michael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale qui a menti sur ses contacts avec les russes avant l’inauguration du nouveau gouvernement. Son adjointe, KT MC Farland, a quant à elle été évincée discrètement fin mai et assignée comme ambassadeur à Singapour. Début mai, Donald Trump a créé un précédent lorsqu’il a renvoyé le directeur du FBI, James Comey, en raison de son traitement de l’enquête sur Hillary Clinton puis, selon ses propres dires, de l’investigation sur l’ingérence russe dans l’élection.

Fin mai, le directeur de la communication de la Maison Blanche Michael Dubke a semble-t-il jeté l’éponge puisqu’il a annoncé son départ pour des raisons personnelles. Fin juillet, c’est Sean Spicer, qui avait été directeur de la communication avant Michael Dubke puis en charge de la presse, qui a pris du champ lorsqu’Anthony Scaramucci a été nommé comme son supérieur. Ce dernier aura été le membre le plus court de l’Histoire de l’administration US puisqu’il n’est resté à son poste de directeur de la communication que… 10 jours ! Trois jour plus tôt, Reince Priebus, figure de l’establishment républicain et directeur de cabinet de la Maison Blanche, avait lui aussi tiré sa révérence.

L’été a également été fatal à Steve Bannon, le sulfureux conseiller spécial du Président aux vues très protectionnistes, qui avait eu des propos peu flatteurs sur le Président. Il est revenu à la tête de son média Breitbart News, avant d’en être aussi déchu. L’investisseur milliardaire Carl Icahn a lui aussi fait un passage dans l’administration comme conseiller spécial, mais a dû se retirer lorsque les objections sur ses conflits d’intérêt sont devenues trop fortes. Tom Price, le secrétaire à Santé, est quant à lui le seul ministre à avoir démissionné fin septembre. Le site Politico avait révélé qu’il avait dépensé plus de 500 000 dollars de l’argent du contribuable en voyages en jets privés, notamment pour des raisons personnelles.

Enfin, le dernier départ avant Gary Cohn était, encore, celui de la directrice de la communication de la Maison Blanche, Hope Hicks, la semaine dernière. Elle aurait démissionné après son audition sur l’enquête russe menée par Robert Mueller, où elle aurait dû reconnaître avoir menti pour le compte du Président.


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