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Francfort, grande gagnante du Brexit selon une étude du CFA

Selon une enquête menée par l'association des professionnels de l'investissement auprès de gérants internationaux, près de la moitié d'entre eux estime que les négociations sur le Brexit déboucheront sur un accord commercial. Paris serait la deuxième place boursière à bénéficier des relocalisations financières post-Brexit, derrière Francfort.
Ville de Francfort
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Les professionnels de l'investissement sont visiblement rassurés de l'avancée des négociations sur le Brexit, alors que les 27 Etats se réunissent demain et vendredi pour entériner l'accord sur la période de transition dévoilé lundi par Michel Barnier et David Davis. Selon une enquête dévoilée par le CFA ce matin en effet, qui a interrogé quelque 974 investisseurs internationaux (dont 233 issus du Royaume-Uni et 288 de l'UE), près de la moitié d'entre eux ont estimé que les négociations donneraient lieu soit à un accord commercial couvrant à la fois les biens et les services (pour 25%), soit à un accord portant uniquement sur les biens (24%). Les gérants de portefeuilles interrogés en dehors de l'UE se montrent un peu plus optimistes, les Chinois en tête, estimant à 52% qu'un accord commercial global sera conclu d'ici à mars 2019. C'est au Royaume-Uni que les investisseurs sont les plus prudents (et peut-être les plus réalistes), puisque seuls 17% misent sur un accord qui comprendrait les services financiers, quand 23% prévoient un accord concernant les biens uniquement. Les Suisses et les Allemands sont quant à eux les plus inquiets, puisque respectivement 25% et 30% d'entre eux voient dans un Brexit "dur" (cliff edge) le dénouement le plus probable.

Les participants sont en revanche conscients que les discussions risquent d'être difficiles ces prochains mois, alors que l'UE et la Grande-Bretagne vont entamer la deuxième phase des négociations sur l'avenir des relations commerciales entre les deux blocs. Ainsi, 34% d'entre eux estiment que l'UE devrait durcir sa position, alors qu'ils n'étaient que 13% de cet avis lors d'une précédente enquête menée par le CFA en 2017. Ils sont en revanche moins nombreux qu'il y a un an à penser que le Brexit créera un précédent et incitera d'autres pays à sortir de l'UE (30% contre 59%). Il faut dire qu'il y a un an, le contexte politique européen était nettement plus incertain avec des élections à haut risque aux Pays-Bas et en France. Le contexte politique semble plus stable désormais, si l'on exclut l'instabilité italienne. La concrétisation du Brexit semble en revanche difficile à envisager pour certains professionnels de l'investissement, 15% estimant que la sortie du pays n'aura sans doute pas lieu, contre 5% seulement il y a un an...

Du point de vue des places financières européennes qui pourraient bénéficier du Brexit, Francfort arrive en tête, suivie de Paris, Dublin, Luxembourg et Amsterdam. A noter que la capitale française affiche la remontée la plus spectaculaire, passant de la quatrième place à la deuxième en un an. Une conséquence des efforts réalisés par le gouvernement et la place de Paris pour renforcer l'attractivité de la capitale, récompensée notamment par la relocalisation à Paris de l'EBA (autorité bancaire européenne) post-Brexit. Amsterdam de son côté, en passant dans le top 5 du classement, dame le pion à New York.

Les professionnels de l'investissement britanniques sont assez inquiets de l'avenir de la compétitivité de leur pays : ils sont 68% à penser que le Brexit effritera la compétitivité de leur marché intérieur contre 70% en 2017. Réalistes, ils sont 64% à penser que la sortie de leur pays de l'UE mettra à mal la capacité de leurs établissements à attirer les meilleurs talents et 67% d'entre eux pensent que ceux-ci réduiront leur présence au Royaume-Uni. Une proportion qui atteint même 76% chez les gérants interrogés dans l'UE.

Côté réglementaire, l'optimisme est en revanche de mise : 51% des professionnels britanniques estiment probable que leur pays maintienne son alignement réglementaire avec l'UE pour ce qui est des marchés financiers. Mais, alors que l'UE a annoncé qu'elle pourrait durcir les conditions de délégation, rares sont ceux des investisseurs britanniques comme internationaux, qui estiment qu'une telle perspective serait favorable à leur industrie : 52% des participants chinois et 49% des gérants britanniques ont ainsi affirmé que les restrictions de délégation seraient préjudiciables sur leurs résultats. Un avis partagé par plusieurs professionnels de la gestion lors d'une table ronde organisée la semaine dernière à Chatham House. 

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