WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Le banquier millionnaire, une espèce en voie de disparition ?

L’Autorité bancaire européenne a publié son rapport annuel sur les banquiers gagnant plus de 1 million d’euros. En 2016, ils n’étaient plus que 4.597 (-10,6%). Le taux de change euro/livre a pesé sur les chiffres. En revanche, la France et l’Espagne ne sont pas concernées par la baisse.
euro - logo
euro - logo

Le Brexit a-t-il eu un impact sur le nombre de banquiers gagnants plus d’un million d’euros par an ? Pour le savoir, il faut se pencher sur le rapport annuel de l’Autorité bancaire européenne (EBA), qui dit tout des employés de banque concernés. En 2016, le nombre de millionnaires a chuté de 10,6%, après une augmentation significative en 2015 (+33,04% à 5.142 collaborateurs). Ainsi, «seulement » 4.597 salariés ont touché en 2016 plus d’un million d’euros. 

Mais attention aux chiffres ! Le régulateur explique que cette baisse «résulte en grande partie des variations de taux de change entre l’euro et la livre, qui a conduit à la réduction des revenus des collaborateurs payés en livres quand ceux-ci se trouvent exprimés en euros ». En clair, à salaire égal par rapport à l’an dernier, des banquiers du Royaume-Uni peuvent sortir du classement puisque leurs rémunérations converties en euro - devise utilisée par l’EBA dans son rapport – sont moins importantes. Cela étant dit, l’Autorité temporise. Elle compare ainsi les chiffres pour 2010 avec ceux de 2016, deux années pendant lesquelles le taux de change était à peu près le même. Et le constat est clair : « sur le long terme, le nombre de personnes touchant des hauts revenus augmente significativement, de 3.427 en 2010 à 4.597 en 2016 ».

A noter que la majeure partie des banquiers concernés est toujours localisée au Royaume-Uni (à 76,77% soit 3.529 personnes). Toutefois, le territoire fait moins bien que l’année précédente (4.133 en 2015). « Dans la plupart des pays – exceptés l’Allemagne, la Finlande, la Hongrie, l’Italie, le Liechtenstein et le Portugal, où le nombre de personnes à hauts revenus a légèrement baissé – le nombre de personnes à hauts revenus a augmenté. » Est particulièrement visée l’Espagne, qui est passée de 126 collaborateurs concernés en 2015 à 152 en 2016. La France n’est pas en reste, avec des chiffres respectifs de 178 et 205. Toutefois, la moyenne des rémunérations perçues par les banquiers qui gagnent plus d’un million dans l’Hexagone reste plus faible que chez ses voisins. Ainsi, le chiffre enregistré pour notre territoire est de 1,6 million d’euros (comme en Allemagne), contre 2 millions d'euros environ au Royaume-Uni et en Espagne, et même 3,9 millions au Liechtenstein (où trois banquiers sont recensés dans la catégorie).

Autre enseignement du document publié il y a quelques jours : pour les banquiers les mieux lotis, le ratio moyen entre le variable et le fixe continue de baisser. Il est ainsi passé de 127% en 2014 à 118% en 2015 pour tomber à 104% en 2016. Pour mémoire, les règles européennes prévoient que les bonus ne puissent excéder 100% du fixe, sauf à ce que les actionnaires aient approuvé un ratio supérieur (pouvant aller jusqu’à 200%).

Et les chiffres ne sont pas les mêmes d’un pays à un autre puisque la Grèce, l’Irlande et le Liechtenstein affichent des ratios supérieurs à 200%. Dans le détail, le Liechtenstein n’avait pas implémenté encore la règle en 2016, tandis qu’en Grèce, seul un banquier est concerné. Ce dernier a perçu 1,3 million d’euros dont 296.000 euros de fixe. Pour l’Irlande, certaines banques ont bénéficié d’exceptions, au cas par cas.

Enfin, les données varient aussi d’une spécialité à une autre. Ainsi, du côté de la gestion d’actifs, le ratio moyen explose les compteurs à 358%, même s’il a largement baissé depuis 2015 (468%). Car certains Etats refusent d’étendre le plafond à ce métier. Les spécialistes de l’asset management recensés à plus d’un million d’euros sont au nombre de 501, contre 2.414 pour les banquiers d’investissement et 173 pour les experts de la banque de détail.

Dans son rapport, l'EBA passe également au crible les collaborateurs ayant un impact sur le profil de risque des banques. Il s'avère qu'ils étaient moins nombreux en 2016 (53.382, -21,3%). Cette population représente 2% du staff des établissements bancaires.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article