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Epargne salariale : Amundi lance un premier "robo-advisor"

Afin d'accompagner les salariés de ses entreprises clientes dans leurs choix de placements, le gestionnaire met en place une solution digitale et personnalisée. Cet outil pourrait aider à terme à ce que l'épargne soit mieux allouée. Ce qui serait aussi bénéfique à l'économie réelle.
Amundi - siège
Amundi - siège

Selon une étude du cabinet américain de stratégie, A.T. Kearney, les services de "robo-advisors" devraient représenter 5,6% des fonds épargnés dans le monde à échéance 2020. Les offres se multiplient, que ce soit du côté des Fintech ou des grands groupes financiers, qui investissent pour ne pas rater ce qui pourrait être une prochaine mutation très importante. Dernier en date à avoir annoncé une initiative : Amundi. Le gestionnaire d'actifs a communiqué aujourd'hui sur le lancement d'un premier "robo-advisor" spécialisé dans l'accompagnement des salariés dans leurs choix de placements en épargne salariale. Un service 100% digital et automatisé, qui aide à la personnalisation des investissements. Une nouveauté qui pourrait bien avoir un impact sur l’allocation de l’épargne.

D’ailleurs, le premier asset manager européen ne lance pas son nouvel outil dans un marché de niche. Amundi Epargne Salariale et Retraite compte 55 milliards d'euros d'actifs gérés, près de 110 000 entreprises clientes et 3,8 millions de salariés porteurs. La firme occupe la première place pour ce qui est de l'épargne salariale en France. Le contexte est également favorable à ce type d’initiatives, à l’heure où l'Hexagone prône un meilleur partage du profit. Selon les chiffres de l’Association Française de la Gestion Financière (AFG), au 30 juin 2016, le montant des actifs gérés dans les plans d'épargne entreprise et les PERCO était de 117 milliards d’euros. Les fonds diversifiés (74 milliards d’euros) représentaient 63% des encours contre 37% pour les fonds d’actionnariat salarié (43 milliards d’euros).

En quoi un "robo-advisor" peut-il être utile ? Pour mémoire, les entreprises ont la possibilité de proposer à leurs salariés des plans d'épargne entreprise et des PERCO (plans d'épargne pour la retraite collectif). Ces derniers offrent de nombreux avantages -comme des exonérations d'impôts ou la prise en charge de frais par les entreprises- mais ils ne sont pas toujours bien optimisés. Les collaborateurs, qui se voient offrir une panoplie de supports d’investissement, sont souvent perdus. "Force est de constater que les épargnants-salariés détiennent encore une part importante de produits court terme peu rémunérateurs, voire à rendement négatif en raison des niveaux de taux courts actuels", souligne Amundi dans son communiqué.

Le nouveau site Internet du gestionnaire se présente comme un "parcours simple et didactique", en trois grandes étapes. Tout d'abord, l'outil aide à déterminer le profil investisseur de chaque salarié. Pour ce faire, plusieurs éléments sont pris en compte : la nature et l'horizon du projet de la personne concernée (mariage, achat d'une résidence principale, réserve d'argent etc.). La plateforme s'intéresse également à ses connaissances financières, à son aversion au risque ou encore à sa capacité d'épargne. "Cette étape fondamentale permet à chacun de mieux se connaître et d’affiner ses choix de placements", explique Amundi. Deuxième phase : le salarié visualise, à l'aide d'un tableau comparatif, la répartition de ses placements et la ou les proposition(s) d'allocation personnalisées et optimisées. "Il peut ainsi analyser les différents scénarios rendement/risque possibles", précise le communiqué. Enfin, le collaborateur décide ou non d'arbitrer.

Afin d’offrir un service qui réponde aux besoins, Amundi a mobilisé un certain nombre de moyens financiers et de ressources. La société a également fait participer à la construction de son outil des clients, mais aussi ses propres collaborateurs. « Jusqu’ici il n’était pas possible d’apporter du conseil aux salariés dans les choix de placements de l’épargne salariale. Les salariés faisaient bien souvent des choix par défaut, en regardant les performances passées ou suivaient l’avis de leurs collègues. Or le vrai sujet, c’est ‘quel est votre projet et votre horizon de placement ?’ », commente Xavier Collot, directeur de la ligne Métier Epargne Salariale et Retraite d’Amundi. Et d’ajouter : « Maintenant, on tend vers une gestion de type sous mandat. Nous sommes un facilitateur dans le choix et l’allocation des supports de gestion et cela va contribuer à améliorer la pédagogie de l’épargnant ».

Or cette pédagogie pourrait jouer, avec le temps, sur l’allocation de l’épargne. « Dans nos phases de tests, on a bien vu une modification du comportement d’allocation des épargnants-salariés », constate Xavier Collot. Ce qui serait une vraie avancée, quand on sait que la diversification de l’épargne est un sujet incontournable dans le financement des retraites. Mais aussi quand on sait que les Français, par exemple, ont une certaine aversion au risque, qui pèse sur leurs rendements mais aussi sur le financement de l’économie réelle.

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