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Après « Reviens Léon », Marc Simoncini relance un débat controversé

Après les terribles attentats de vendredi, le fondateur de Meetic a appelé les entrepreneurs expatriés à revenir dans leur pays. Une initiative appréciée diversement, mais qui ne change pas les problèmes de fond en France.
Marc Simoncini
Marc Simoncini

L’émotion immense qui s’est emparée de peuple parisien et français, après les drames qui se sont déroulés en plein Paris vendredi soir, a suscité des commentaires divers et variés, dont certains qui ont suscité la polémique. C’est le cas de Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, Sense et ifrance, qui a publié une tribune sur Twitter intitulée « Mes chers amis entrepreneurs, revenez ! ». Il invite les créateurs d’entreprises, qui ont « souvent » quitté la France pour des raisons fiscales, d’y revenir pour que « notre pays reste une belle grande nation laïque de liberté, de tolérance et de droit ». Et à ceux qui ont déjà si bien gagné leur vie grâce à leurs succès dans l’Hexagone, il leur « conjure », « revenez entreprendre (…), payez vos impôts, vous verrez ce n’est pas si difficile ». Et de finir par une phrase apocalyptique : « revenez car si nous ne sauvons pas notre nation, vous aurez vous aussi bientôt tout perdu ». L’intéressé explique avoir pris la plume instinctivement, après avoir vu le manque de moyens des forces de sécurité après les attentats de vendredi.

Cette initiative rappelle celle de « Reviens Léon » en mai dernier, lorsque les patrons de quelques success stories françaises dont Blablacar et Criteo, avaient appelé les entrepreneurs de la tech à revenir poser leurs valises en France. Puis face à la controverse, avaient plaidé vouloir promouvoir le rayonnement international des jeunes pousses frenchies. Cette fois, le message de Marc Simoncini a été aussitôt salué par certains entrepreneurs à succès. Pierre Kosciusko-Morizet, l’ancien patron de Price Minister qu’il a revendu à Rakuten en 2010, en premier lieu, qui juge que la dimension fiscale ne doit pas être une cause d’expatriation après avoir vendu son entreprise. Mais pour d’autres, ce message n’est pas acceptable, aussi bien dans la forme que dans le fond. D’une part, le discours à chaud de cet entrepreneur à succès de la tech française semble stigmatiser les français expatriés, à l’heure où l’unité nationale doit prévaloir. En particulier, culpabiliser cette frange de la population, à qui la France « a donné la chance de réussir vos vies » et qui est partie pour se soustraire à l’impôt. Et surtout, l’idée selon laquelle le sort de la nation est désormais suspendu à ces individus paraît insupportable à certains, qui pointent du doigt une simplification dangereuse.

La vérité pour beaucoup de patrons de start-up, c’est plutôt qu’en amont, il paraît bien plus facile et rapide de développer son activité hors de France. Les témoignages des Internautes à ce tweet en témoignent : Monsieur22 qui indique n’avoir pu obtenir un prêt d’honneur de 30 000 euros à Bordeaux mais s’est vu proposer 300 000 dollars pour s’installer en Floride trois jours plus tard. Ou encore cet entrepreneur étranger, qui après trois ans de « galères administratives en France », a obtenu un visa permanent au Canada en trois mois.

C’est donc l’attractivité entière du pays qui pose problème, et non le seul impôt sur les sociétés. L’Etat semble avoir pris conscience du problème et, avec le statut d’auto-entrepreneur ou les mesures d’ensemble prises par bpifrance et le mouvement French Tech, veut déverrouiller l’Hexagone et la rendre aussi « business-friendly » que possible. Mais le chemin est encore long, il suppose de remettre totalement à plat le code fiscal, de flécher bien davantage l’épargne vers l’investissement dans les start-up et de créer les conditions internes pour l’émergence de leaders mondiaux. Plus que des blâmes, ces incitations administratives seront les vraies raisons qui pousseront les expatriés à revenir boire du vin sur une terrasse parisienne.


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