Deutsche Bank renoue avec les bonus
« Nous avons toujours dit que nous reviendrions à notre système normal de rémunérations variables en 2017 », a déclaré John Cryan, le patron de Deutsche Bank, au quotidien financier Börsen-Zeitung. « Et nous augmenterons aussi les salaires dans certains domaines », a-t-il ajouté. Si les employés de l’établissement l’espéraient et avaient cru comprendre que cette décision serait bien prise, elle est dorénavant officielle. Un soulagement pour les collaborateurs voulu par la banque allemande, qui sait bien que pour éviter une fuite des cerveaux, elle doit offrir des rémunérations compétitives face à la concurrence.
Pour mémoire, Deutsche Bank a pris une décision difficile l’an dernier : réduire les bonus de 80% pour 2016. Une mesure qui a affecté environ un quart des 100.000 salariés du groupe. Ainsi l’enveloppe des variables était-elle passée de 2,4 milliards d’euros au titre de 2015 à 546 millions, dans le sillage de la perte de près de 7 milliards enregistrée en 2015. Le groupe a fait face à de nombreux litiges et notamment accepté de régler 7,2 milliards de dollars aux autorités américaines pour solder son litige lié à son rôle dans la crise des subprimes. Depuis la banque, qui était toujours dans la tourmente, a levé près de 8 milliards d’euros afin de retrouver le chemin de la croissance. « Notre augmentation de capital devrait éliminer les derniers doutes sur la stabilité de Deutsche Bank », avait alors écrit à ses collaborateurs, John Cryan.
Cet été, la banque allemande a aussi annoncé que 11 de ses cadres dirigeants -qui étaient en poste durant et après la crise financière- avaient volontairement renoncé à 38,4 millions d'euros de bonus. Le communiqué précisait alors que l'institution financière leur devait encore 69,8 millions d'euros de variables, et donc qu'ils ne toucheraient "que" 31,4 millions. "Le conseil de surveillance apprécie le fait qu'avec des renoncements de bonus additionnels, les membres du directoire en exercice à cette époque contribuent d'une manière supplémentaire personnelle à mettre un point final à ce chapitre", avait commenté Paul Achleitner, président du conseil de surveillance. Ici les bonus jouent à plein leur rôle : lorsque l'établissement va mal, ils sont diminués. Lorsque l'établissement a besoin d'un levier pour embaucher et conserver ses talents, ils sont remis au goût du jour.
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