Les femmes CEO du S&P 500 gagnent plus que les hommes
L’inégalité entre hommes et femmes sur le lieu de travail a encore la vie dure : selon le Département du Travail américain, les femmes ont encore gagné en moyenne 18% de moins que leurs pairs masculins en 2016 (contre un écart de 23,8% en France, selon l’Insee). Et quel que soit le pays, les statistiques montrent que cet écart se creuse pour les rémunérations les plus élevées. Pourtant, tout en haut de la pyramide, les femmes CEO des plus grandes sociétés cotées américaines s’en sortent plutôt mieux.
Selon les données du Wall Street Journal, les 21 femmes patronnes du S&P 500 (contre 382 hommes restés à plein temps pendant une année complète) ont touché une rémunération médiane de 13,8 millions de dollars, soit près de 20% de plus que leurs collègues masculins, qui pointent à 11,6 millions de dollars. La plupart d’entre elles ont gravi les échelons en interne plutôt que d’avoir été recrutées à l’extérieur.
Et grande première, ce sont désormais trois femmes qui se hissent dans le Top 10 des patrons les mieux payés du S&P 500 : Meg Whitman, la CEO de Hewlett-Packard, a engrangé 35,6 millions de dollars. Elle est suivie par Virginia Rometty d’IBM, à 32,7 millions de dollars, puis Indra Nooyi, la dirigeante indo-américaine de Pepsi, qui a gagné 29,8 millions de dollars. Marissa Mayer, la patronne de Yahoo, a traversé une année difficile après les scandales de piratage et a dû consentir à réduire de 500 millions de dollars le prix de vente de l’activité Internet à Verizon, à 4,5 milliards. Son salaire a été réduit de 24% à 27 millions de dollars, mais elle a de quoi se consoler : elle touchera un « golden parachute » de 186 millions de dollars au closing du deal, d’ici à la fin du mois... Enfin, Mary Barra de General Motors, a aussi vu son package chuter globalement de 20% à 22,6 millions de dollars, mais cela est en réalité lié à une enveloppe de stock options déclenchée l’an passé.
Cela n’est pas une nouveauté : selon le quotidien, les femmes ont reçu des chèques plus élevés que les hommes sur six des sept dernières années, même si cet écart s’est réduit depuis deux ans. Cela n’est pas seulement lié à la générosité des conseils d’administration, mais plutôt à la performance des sociétés dirigées par ces femmes : elles ont dégagé un rendement médian de 18,7% pour leurs actionnaires, contre 15,7% pour les firmes dirigées par des hommes. Chez HP, Meg Whitman a obtenu un rendement total de 55% l’an passé. De l’autre côté du spectre, les femmes à la tête d’entreprises sous-performantes ont été sanctionnées proportionnellement, ou presque. Ainsi, la CEO du laboratoire Mylan, qui a perdu 29% en 2016, a vu sa rémunération globale chuter 27%, à 13,8 millions de dollars.
Reste que l’écart avec le plus haut salaire du S&P 500 reste prégnant : Thomas Rutledge, le CEO de Charter Communications qui a finalisé sa fusion avec Time Warner Cable l’an passé, a vu son enveloppe globale multipliée par 6, à 98,5 millions de dollars ! A l’inverse, Larry Page, le patron d’Alphabet et John Mackey, le fondateur des supermarchés Whole Foods, n’ont touché qu’un salaire symbolique de 1 dollar.
Si les packages de rémunération des patrons du S&P 500 sont fortement liés à des éléments variables et donc à la performance de leur société, les actionnaires peuvent depuis 2011 exprimer leur avis lors de l’assemblée générale, via le vote non contraignant du « say on pay ». Celui de Meg Whitman chez HP a ainsi été approuvé à seulement 58% des voix, soit le plus faible niveau d’approbation pour un(e) dirigeant(e) de société.
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