Avocats : les hommes continuent à gagner bien plus que les femmes
C’est une première. Les universités de droit américaines comptent désormais plus d’étudiantes que d’étudiants en première année, à hauteur de 51%, selon les chiffres de la semaine dernière de l’Association du barreau (American Bar Association). Toutefois, si sur le marché du travail les écarts ont beau s’estomper, les femmes gagnent toujours moins que les hommes, y compris dans les hauts postes. Selon une étude publiée il y a quelques semaines par le recruteur Major, Lindsey & Africa, les associés des cabinets d’avocats américains ont perçu en moyenne 949 000 dollars en 2015, soit 44% de plus que leurs homologues féminins (659 000 dollars). Cet énorme fossé s’est néanmoins réduit, puisqu’en 2014 les chiffres donnaient aux femmes une compensation moyenne de 531 000 dollars contre 779 000 pour l’autre sexe. «Nous avons demandé aux associés d’identifier les facteurs permettant d’expliquer les différences de rémunération, a indiqué Jeffrey Lowe du cabinet. Et le facteur numéro 1 a été l’origination ». C’est-à-dire la capacité à ramener des affaires.
Pour tirer ces enseignements, les auteurs de l’étude ont interrogé 2 100 associés. Il en est ressorti que l’an passé les associés ont gagné 877 000 dollars en moyenne, ce qui marque une belle augmentation par rapport à il y a deux ans (+22%). Et ce sont les avocats spécialisés dans le corporate qui ont été les rois du pétrole, avec une feuille de paie annuelle de 1,1 million de dollars. Soit bien plus que les experts du travail et de l’emploi (597 000 dollars en moyenne). En parallèle, les dossiers sur la table ont atteint les 2,5 millions de dollars en moyenne, en hausse de 25% par rapport à 2014.
Les affaires apportées par les femmes ont compté en moyenne pour 1,7 million de dollars, contre 2,6 millions pour leurs confrères. L’étude note que le manque de représentativité féminine pèse dans la balance et que leur rémunération est liée aux affaires dont elles sont, ou dont on pense, qu’elles sont à l’origine. A titre de comparaison, il y a deux ans, ces chiffres étaient de 1,2 million pour les femmes et de 2,2 millions pour les hommes.
D’autres facteurs sont pris en compte par les cabinets pour déterminer les rémunérations. Les réseaux jouent, tout comme le nombre d’heures travaillées. A noter que le montant des émoluments n’est pas qu’une histoire de sexe. Ainsi les hispaniques gagnent-ils mieux leur vie (956 000 dollars) que les blancs (876 000) ou que les afro-américains (797 000).
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