Rémunérations : des travailleurs exigeants
"Alors que les entreprises renouent avec la création d’emplois, les candidats ont repris les commandes du marché du recrutement", estime Olivier Gélis, directeur général France de Robert Half, dans l'étude sur les rémunérations 2018 publiée aujourd'hui par son cabinet. Cette enquête, qui se base sur des entretiens, des missions et des analyses de tendances, a également interrogé des directeurs et responsables administratifs et informatiques. Les auteurs ont ainsi pu faire ressortir des tendances par secteur, mais aussi des enseignements plus globaux dans cette guerre des talents.
Il ressort que certains secteurs sont plus privilégiés que d'autres. Les spécialistes du digital font partie de cette catégorie. "Toujours autant sollicités, les candidats ont conscience de leur valeur sur le marché. Cela laisse donc moins de marge de manœuvre dans les négociations salariales", explique l'étude. Par exemple, les chief digital officers de plus de 15 ans d'expérience devraient gagner entre 160.000 et 380.000 euros en 2018, soit une augmentation de 10% sur un an. Pour ce qui est des chief marketing officers offrant une expérience de même durée, ces chiffres sont de 130.000 et 160.000 euros pour 2018 (+4%), précise Robert Half qui fournit des tableaux détaillés par fonction.
Autre domaine : celui de la finance d’entreprise et de la comptabilité. Robert Half note que "globalement, les entreprises s’alignent sur les niveaux de salaires du marché et n’hésitent pas à surenchérir pour attirer le bon candidat". Le document révèle que 82% des directeurs financiers rencontrent des difficultés pour recruter des experts financiers compétents. Les secteurs où il est le plus compliqué de trouver la perle rare ? L'analyse financière, la gestion du risque ou encore l'audit interne, le contrôle financier et la comptabilité.
Parmi les autres spécialités, Robert Half constate que le management de transition paie bien. Le marché étant "orienté candidat, les managers de transition affichent des prétentions salariales plus élevées et n’hésitent pas à négocier, certains qu’ils pourront facilement trouver une mission". En revanche, d'autres activités devraient globalement voir les salaires de ceux qui les incarnent stagner ou augmenter à la marge. C'est le cas du juridique, du fiscal et des ressources humaines, mais aussi des systèmes d’information. Pour ce dernier domaine, "les niveaux de rémunérations restent stables par rapport à 2017. Il y a des augmentations de salaires à noter pour l’administrateur système, par exemple, essentiellement lorsque celui-ci présente une 'conscience digitale'", précise néanmoins l'étude.
En ce qui concerne les enseignements globaux, les travailleurs -d'autant plus quand le marché est en leur faveur- sont exigeants, que ce soit sur leur mission ou sur l'environnement de travail, par exemple. Les entreprises "ont intérêt à soigner leur promesse employeur", expliquent les auteurs. A noter également que les processus de recrutement sont plus long qu'avant : pour les cadres, il dure en moyenne 3 mois et monte à 4 mois pour les managers. Enfin, Robert Half met en avant le retour des primes : elles "peuvent être de nouveau un critère de choix pour de nombreux candidats passifs ou en recherche. Des enquêtes démontrent que, pour certains profils particulièrement sollicités, ces gratifications déterminent leur choix final de l’employeur et ajoutent à leur sentiment d’appartenance, donc à leur loyauté".
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