Le patron de KKR Europe s’enflamme pour la France
Voilà enfin le genre de nouvelles qui devrait ravir Christian Noyer et tous les autres membres du gouvernement chargés de convaincre les institutions financières de déménager en France après le Brexit. Johannes Huth, le patron de la zone EMEA chez KKR, a d’ores et déjà posé ses valises à Paris et compte augmenter son exposition à la France, dans le cadre du Brexit. Cet allemand quadrilingue, qui dirige les activités européennes du fonds de private equity depuis douze ans, est habituellement très discret, mais il vient d’accorder une interview au Financial Times, où il explique que sa firme sera désormais plus prudente avant de faire des investissements en Grande-Bretagne en raison des risques liés au Brexit.
Certes, KKR est opportuniste et, comme l’explique le financier, a investi dans des sociétés britanniques fortement exposées à l’international, ce qui leur a permis de bénéficier de la chute récente de la livre. Tout en expliquant que le fonds prenait maintenant en compte les incertitudes et autres facteurs négatifs liés à la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE. En outre, le gouvernement britannique n’a pas arrangé les choses, lorsqu’il a voté une loi limitant la capacité des étrangers qui ont vécu outre-Manche sur 15 des 20 dernières années à garder leurs revenus offshore, et donc exonérés de l’impôt du pays.
En parallèle, la France bénéficie du souffle d’air insufflé par l’arrivée d’un Président pro-business, c’est en tout cas ce qu’elle clame aux investisseurs et corporates qui s’interrogent sur le lieu où transférer leurs activités. Johannes Huth est déjà emballé : « je suis fasciné par ce qui se passe en France. Je pense que Macron a une influence très positive dans ce pays », a-t-il déclaré au FT, faisant référence à la réforme du travail et la suppression de l’ISF. Et de comparer la situation actuelle à la grande transformation allemande : « j’espère qu’il y aura plus d’activité pour nous en France car l’économie s’améliore et pourrait reproduire la transformation allemande que l’on a vu après Schröder. Je pense qu’il est plus utile d’être ici que depuis Londres ».
KKR, qui a publié une baisse de son profit net au troisième trimestre mais a vu son portefeuille private equity et ses actifs sous gestion grimper, compte se doter de munitions pour nourrir ses ambitions en Europe, et en particulier dans l’Hexagone. Après avoir investi plus de 60% de son dernier véhicule de 3,3 milliards d’euros, il aurait pour ambition de lever un nouveau fonds européen de 5 milliards d’euros l’année prochaine, selon le Financial Times. La firme alloue aujourd’hui des tickets allant de 200 millions à 1 milliard d‘euros et pourrait réserver la moitié de son enveloppe à des dossiers de co-investissement. Parmi ses dossiers en France, KKR a notamment investi dans le spécialiste des centres d’appels Webhelp ou encore dans le groupe de prêt-à-porter Sandro Maje Claudie Pierlot.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

