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Florence Pourchet, BNP Paribas US : banquière et développeuse de talents

Cette banquière, qui a passé l’essentiel de sa carrière chez BNP Paribas à Paris, est partie à New York en 2005 pour relever un nouveau défi : la délégation commodités sur l’Amérique latine. Elle trouve son équilibre en couplant un management actif et la promotion de la politique RSE de la banque.
Florence Pourchet, BNP Paribas US
Florence Pourchet, BNP Paribas US

Florence Pourchet est l’exemple que l’on peut faire bouger les lignes après 15 ans au sein de la même banque, et relever un nouveau défi dans la plus grosse place financière au monde : New York. Un retour aux sources pour cette diplômée de l’EM Lyon qui a fait son MBA à l’université d’Austin au Texas, à la fin des années 80, mais n’avait jamais travaillé aux Etats-Unis. Car en réalité, la relation de confiance entre Florence Pourchet et BNP Paribas a commencé dès le début de sa carrière : lorsqu’elle doit s’expatrier à Francfort en Allemagne pour des raisons personnelles, elle garde contact avec son employeur et revient à la banque verte deux ans plus tard, où elle entre comme commerciale pour des clients corporates.

Elle fait rapidement ses preuves en se mettant à l’œuvre sur des opérations stratégiques du moment, notamment sur la vente/achat des joint-ventures entre BNP Paribas et Dresdner Bank, puis se spécialise sur les commodities liées à l’énergie. Elle gravit les échelons et au début des années 2000, entend parler d’un poste dédié à la délégation de crédit pour l’Amérique latine à New York. Mais son management a déjà proposé le poste, persuadé qu’elle ne veut pas faire déménager sa famille. « Depuis, je conseille à toutes les jeunes femmes de mon équipe de faire savoir leur plan de carrière dès le départ, c’est très important », plaide Florence Pourchet. Au deuxième tour, elle obtient finalement gain de cause : un billet pour New York.

L’adaptation se passe bien, elle est immédiatement séduite par la culture américaine, dont elle apprécie la transparence. « Il est vrai que la culture américaine est orientée sur les résultats et les relations personnelles sont peut-être un peu moins mises en avant dans le travail. Mais elles sont aussi assez justes, il n’y a pas de faux-semblant », analyse-t-elle. Dans la jungle financière qu’est New York, BNP Paribas doit creuser son sillon. La banque abandonne le développement des commodities en Amérique latine après quatre ans, mais qu’à cela ne tienne, Florence Pourchet est flexible : elle change de métier et bascule sur le financement d'acquisitions. Puis, quand le contexte redevient porteur, reprend la délégation de crédit en Amérique du Nord, un portefeuille qui s’élargit ensuite à l’Amérique latine. « Je gère aujourd’hui une équipe d’environ 180 personnes réparties entre le Canada, les Etats-Unis et l’Amérique latine », résume-t-elle.

Des équipes souvent jeunes, qui font leurs armes avant parfois d’accéder à des métiers plus spécialisés. Florence Pourchet apprécie particulièrement ce rôle de manager, qui consiste à faire grandir les talents : « J’aime aider les jeunes à savoir les faire réfléchir sur ce vers quoi ils veulent évoluer, leur donner des idées et plus concrètement leur proposer des pistes et des contacts », indique-t-elle avec enthousiasme. Le challenge est immense, dans une ville où la concurrence des banques anglo-saxonnes mais aussi des groupes tech, qui alignent tous des rémunérations attractives, est intense. BNP Paribas fait aussi valoir sa culture d’entreprise, une entraide et une communication qui ne sont pas forcément le lot commun chez ses concurrents de Wall Street. La banque a beaucoup grandi depuis, d’où la nécessité désormais de casser les silos pour rester agile.

Mais Florence Pourchet a aussi d’autres projets passions, comme la promotion de la parité : BNP Paribas s’est engagée à étudier au moins une candidature de femme même pour les profils juniors et les activités marchés, où les demandes des femmes pour ces postes sont parfois limitées. « Les femmes montent les échelons mais après VP et/ou Director, pour des choix qui leur sont personnels, le pool de femmes se réduit au niveaux de Managing Directors. C’est pour cela que l'accompagnement des managers est essentiel. Comprendre leur besoins, attentes et contraintes est au cœur de notre approche », confie-t-elle. Ou encore la flexibilité, la banque ayant décidé d’expérimenter un programme « flex-work », où les équipes travaillent à distance 2 jours par semaine. « La flexibilité doit jouer à double sens : nous attendons beaucoup de nos équipes mais devons savoir donner une flexibilité maximum dès que la charge de travail le permet », plaide cette mère de trois enfants.

Enfin et surtout, Florence Pourchet est animée par la Corporate Social Responsibility (RSE), dont elle dirige la politique pour la zone Amérique de BNP Paribas depuis 2012. Elle anime ainsi plusieurs programmes comme du mentoring avec l’université de Fordham à New York, le soutien des femmes entrepreneures et les « social impact bonds ». « Nous mettons notre capacité à financer des opérations au service de la communauté, notamment des collectivités afin de réduire le coût de fléaux de société », explique Florence Pourchet. La banque a ainsi bouclé le premier prêt de ce type, pour la réinsertion d’enfants de familles drogués dans leur foyer, via un accompagnement personnalisé. Les prêteurs de ce produit ne seront ainsi remboursés que si le programme réussit à réduire les coûts pour la communauté. La banque prépare deux nouveaux bonds, un segment très prometteur, se réjouit Florence Pourchet. Qui, grâce à la richesse de son métier et les facettes qui le composent, n’envisage rien d’autre que de rester américaine au sein d’une banque française.


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