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Frantz Yvelin, le serial entrepreneur de la classe affaires

La Compagnie, spécialisée dans les vols low-cost entre Paris et New York, vient d’être rachetée par XL Airways. Après la vente réussie de l’Avion en 2008 à British Airways, cet ancien pilote réitère le succès d’une compagnie aérienne lancée « from scratch ».
Frantz Yvelin
Frantz Yvelin

Frantz Yvelin partage avec Laurent Magnin le statut de patron atypique d’une compagnie aérienne autonome, deux « self-made men » au sein d’un paysage aérien occupé par les gigantesques alliances mondiales (Skyteam, Star Alliance, Oneworld etc). C’est en cherchant à unir les forces de leurs sociétés, XL Airways et la Compagnie - qui ont pourtant des créneaux très différents - que les chemins des deux hommes se sont croisés. Ils viennent d’annoncer le rachat de la Compagnie, spécialisée dans la classe affaires low cost entre Paris et New York, par XL Airways, qui opère des vols low cost en économie entre la France et les Caraïbes, la Réunion, les Etats-Unis et le bassin méditerranéen. Laurent Magnin prendra la tête du nouvel ensemble tandis que Frantz Yvelin, qui a fondé la Compagnie en 2013 et a lancé le premier vol en juillet 2014, se retire pour se consacrer à d’autres projets.


Cet ancien pilote de ligne n’en est pas à son coup d’essai. En 2007 déjà, à tout juste 30 ans, il tente l’impossible : monter une compagnie aérienne de toutes pièces, aux côtés de l’ancien directeur d’Euris (la foncière de Casino), Christophe Bejach, et de Marc Rochet, ancien patron d’Air Liberté. Adepte du marketing direct, il l’appelle tout simplement l’Avion et fait le pari d’une offre uniquement composée d’une classe affaires à bas prix, sur le Paris-New York. L’Avion obtient un créneau à Orly, aéroport privilégié par les hommes d’affaires car plus proche de Paris, et acquiert un second avion, mais est rapidement revendu à British Airways en juillet 2008, qui la fusionne avec sa filiale OpenSkies et décide d’inclure des sièges économie dans les avions. Frustré, Frantz Yvelin quitte rapidement le groupe et réfléchit à une deuxième aventure aérienne.

Celle-ci aura lieu cinq ans plus tard avec la Compagnie, qui exploite le même concept. L’homme est têtu, mais aussi convaincu que le segment de la classe affaires, sur lequel les compagnie aériennes classiques (dites « legacy ») assurent selon lui la moitié de leurs revenus même pour des taux de remplissage peu élevés (environ 15%). Il existe donc un marché pour une classe affaires plus abordable, destinée à une clientèle business mais aussi loisirs, avec des tarifs (environ 1500 euros aller-retour) qui se rapprochent des billets en économie lors des périodes de pointe. La Compagnie lève discrètement 30 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs de renom, notamment Frédéric Beigbeder et Motier, holding de la famille Moulin, actionnaire des Galeries Lafayette. Le premier avion est lancé en juillet 2014, puis un nouveau six mois plus tard, avant d’ouvrir la liaison Londres-New York. Mais la Compagnie a rapidement dû fermer cette ligne, en raison des craintes liées au Brexit mais aussi à une clientèle essentiellement business et captive des programmes de fidélité des grandes compagnies.

Car si elle offre un rapport qualité-prix imbattable, la Compagnie pâtit aussi de son statut de petit outsider dans un secteur très concurrentiel et concentré. Tout comme XL Airways, qui avait échappé de justesse à la faillite en 2014, il lui était donc indispensable de trouver un partenaire pour sécuriser sa situation financière. L’alliance entre les deux compagnies, qui se situent de chaque côté du spectre de l’offre aérienne, a de quoi surprendre mais les synergies en termes d’achats, d’essence et d’assurances, sont bel et bien là, ont-elles expliqué. Frantz Yvelin, lui, ne recommencera pas l’expérience post-mariage.


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