Fed : Trump fait primer le pragmatisme sur l’idéologie
Donald Trump démontre une fois de plus que ses paroles et discours ne font pas toujours foi, loin s’en faut. S’il avait vertement critiqué la politique menée par Janet Yellen, alors à la tête de la Fed, pendant la campagne présidentielle, il a décidé de nommer deux personnalités pragmatiques, à un travail de continuité plutôt que de transformer en profondeur l’institution.
Le Président américain a ainsi suggéré la nomination de Richard Clarida, économiste à l’université de Columbia et managing director en charge du conseil stratégique global chez Pimco, comme vice-chairman de la Réserve Fédérale. Il a vocation à seconder Jerome Powell, qui a succédé à Janet Yellen en février et est le premier non économiste à accéder à ce rôle, et à travailler en collaboration avec Randal Quarles, en charge de la supervision bancaire.
Richard Clarida a, de son côté, un profil purement académique : il a officié comme chairman du département économique de Columbia et écrit de nombreuses recherches, dont le « nouveau neutre » en 2014 qui a démontré que le taux d’intérêt compatible avec un plein-emploi et une inflation faible avait baissé substantiellement, autour de 2% contre 4% auparavant, une position adoptée désormais par la Fed. Républicain, l’homme a travaillé comme économiste au sein du Trésor sous l’administration Bush Junior. Il est vu comme un pragmatique plutôt qu’un idéologue, et ne penche pas en faveur de réformes profondes à la Fed comme certains conservateurs, notamment sur la fameuse règle de Taylor.
En outre, Donald Trump a aussi proposé la nomination de Michelle Bowman, commissaire de la banque du Kansas, qui occuperait le siège réservé à un représentant des banques communautaires au sein des sept membres de la Fed. La nomination de ces deux personnes sera soumise à un vote du Sénat.
Le profil « mainstream » et rationnel de ce vice-chairman est en tout cas assez proche de celui de Jerome Powell, ce qui confirme l’idée que la Fed devrait poursuivre son travail de normalisation monétaire graduel. William Dudley, président de la Fed de New York, a confirmé ce matin sur CNBC que le scénario de trois à quatre hausses de taux cette année était très probable, « tant que l’inflation reste relativement basse ». Et a mis en garde contre les barrières douanières qui, si elles étaient mises en place, donneraient lieu à « plus d’inflation, moins de croissance, moins de productivité, juste des très, très mauvais résultats ».
De son côté, Neel Kashkari qui préside la Fed de Minneapolis a considéré que la réforme fiscale adoptée en fin d’année dernière était de nature à tirer l’inflation vers son objectif de 2%. « Il est maintenant bien plus probable que nous allons arriver à cet objectif dans un futur proche, ce qui serait une bonne chose », a indiqué celui qui n’est cependant pas un membre votant cette année.
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