Pierre-André Imbert : l'homme de l'ombre pour préparer les négociations de la loi Travail
Alors que le gouvernement vient d’être constitué et que les équipes sont en train d’être formées, place au recrutement des conseillers. Lors de la course à l’Elysée, Emmanuel Macron a régulièrement prôné le renouvellement des visages qui s’appliquera de « manière très claire » raillant « une classe politique trop largement composée d'hommes de plus de 50 ans ». Si à ce jour, plus d’un tiers des membres du gouvernement est issu de la société civile, le nouveau président a semblé plus conservateur quant au choix de ses conseillers. Ainsi, Emmanuel Macron a décidé de s’entourer de pointures dans le droit du travail qui ont déjà fait leurs preuves lors de précédents quinquennats. Il va devoir en effet être bien armé pour affronter les futures négociations syndicales et patronales de la réforme du Code du travail, moins d’un an après l’épisode de la Loi El Khomri et de son interminable conflit social.
Alors que le plan de bataille pour lancer la réforme du travail se met en place, c’est Pierre-André Imbert, 47 ans, qui a été choisi comme conseiller social de la nouvelle ministre du travail Muriel Pénicaud. Ancien directeur de cabinet de François Rebsamen et Myriam El Khomri, il est réputé être l’un des meilleurs experts sociaux. Après un DEA d’économie du travail et des politiques sociales à la Sorbonne en 1995, il a été diplômé à l’European Business School (EBS) en 2002 et a intégré l’International Institute for Management Development situé à Lausanne, dont il est sorti en 2009. En parallèle de sa formation, il débute en tant que conseiller d’Henri Emmanuelli alors président de la Commission des finances, de l’économie générale et du plan à l’assemblée nationale (1997-2002) et rejoint par la suite les entreprises de Raymond Soubie - premier conseiller social à l’Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy – pour mener des projets d’ingénierie sociale, de réindustrialisation et de restructurations. Progressivement, cet économiste de formation fait de la résolution des problématiques sociales sa spécialité. Preuve de son combat, il est le coordinateur du premier livre édité par Attac (l’Association pour la taxation des transactions financières pour l’aide au citoyen) intitulé «Contre la dictature des marchés ».
Lorsqu’il était aux côtés de Myriam El Khomri en tant que directeur de cabinet du ministère du Travail, Pierre-André Imbert a été au cœur de l’écriture de la loi Travail. Emmanuel Macron ayant placé au centre de ses priorités la réforme du Code du travail qu’il souhaite faire avancer par ordonnance, le choix de cet artisan est stratégique. Autre atout majeur, Pierre-André Imbert semble inspirer confiance de parts et d’autres des discussions. Il est apprécié de la plupart des syndicalistes grâce à ces années anti-libérales et du patronat de par ses nombreuses expériences en entreprises qui le placent aujourd’hui plutôt du côté social-libéral « macroniste ». Appuyé par une équipe expérimentée, c’est en partie sur ses épaules que reposera le bon déroulé des négociations avec les partenaires sociaux.
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