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Le secteur bancaire italien toujours sur la sellette

Danièle Nouy, présidente du conseil de supervision bancaire de la BCE, souligne que le pays a fait trop peu pour ses banques ces trois dernières années alors qu'Ignazio Visco, gouverneur de la Banque d’Italie considère que les 20 milliards d’euros prévus par Rome sont suffisants pour le système bancaire italien. Pendant ce temps, les banques, premières concernées, continuent à annoncer de mauvaises nouvelles.
Rome - Italie
Rome - Italie

Les banques italiennes font une fois de plus parler d’elles. Cette fois, c’est Danièle Nouy, la présidente du conseil de supervision bancaire de la BCE qui donne son avis sur la situation. Ainsi, « en Italie le plus gros challenge est celui des risques de crédit et de créances douteuses. Nous devons nous assurer que les banques ne mettent pas toute leur énergie dans leur survie et qu’elles ne se consacrent pas uniquement à la gestion de ces problématiques au lieu de faire leur travail de financeur de l’économie », a-t-elle ainsi déclaré dans une interview au quotidien La Repubblica. « En Italie, en terme de gestion des créances douteuses, peu de progrès ont été faits durant ces trois dernières années : une année pour comprendre l’étendue du problème et deux ans de supervision », estime-t-elle. Autrement dit, elle considère que l’Italie n’a pas été assez active face à cette problématique pourtant rencontrée et déjà gérée par d’autres pays. Mais elle concède tout de même qu’aujourd’hui plusieurs banques ont fait des efforts, même si certaines restent encore sur le bord de la route et ont besoin d’une motivation des superviseurs à leur égard.

C’est pourquoi Danièle Nouy salue l’action du gouvernement italien qui a décidé de mettre à disposition des banques en difficulté, la somme de 20 milliards d’euros pour les soutenir. De son coté, Ignazio Visco, gouverneur de la Banque d’Italie a considéré que cette somme prévue par Rome devrait être suffisante pour recapitaliser les banques en difficulté. Par ailleurs membre du Comité des Gouverneurs de la BCE, il a ainsi souligné dans un discours à Modène ce week end que « cette mesure est importante pour l’Italie qui a résulté de la crise ayant touché son économie et son secteur bancaire ». Il considère même que c’est supérieur à ce que les banques italiennes pourraient nécessiter pour remplir les conditions des stress tests européens. Aussi pour lui, le système bancaire italien continue d'être résilient et les banques les plus faibles pourraient se débarrasser de leurs créances douteuses et renforcer leur bilan en faisant appel au marché. Les banques de moyenne tailles auraient, quant à elles, tout intérêt à fusionner « afin d’abaisser leurs coûts et d’augmenter leur efficacité opérationnelle ».

Encore faut-il que les recours au marché donnent des résultats satisfaisants. La dernière banque en date qui a souhaité lever 5 milliards d’euros en Bourse a lamentablement échoué. BMPS, qui n’a réussi qu’à lever 2,45 milliards d’euros en action a ainsi été la première banque à être renflouée par l’Etat italien. Sur les 20 milliards d’euros mis à disposition du secteur, 6,6 milliards ont déjà servi à sauver la banque de Sienne en prenant 70% de son capital. Et d’autres banques pourraient suivre, à commencer par la banque de Gênes, Banca Carige qui cherchera à lever un milliard d’euros sur le marché le mois prochain. Reste que même si certaines banques italiennes sont clairement en difficulté, d’autres donnent le change. C’est le cas de la première banque du pays Unicredit qui a obtenu l’aval de son conseil d’administration il y a quelques jours pour lever 13 milliards d’euros sur le marché dans les prochains mois. Unicredit a ainsi lancé en décembre un plan stratégique ambitieux de réduction importante de ses effectifs, une amélioration de la qualité de ses actifs et de la gestion des risques. Malgré une telle ambition, la banque a annoncé ce matin dans le document préparatoire à l’augmentation de capital que ses ratios de solvabilité à fin 2016 ne répondaient pas aux exigences de la BCE. La banque explique ainsi que des charges exceptionnelles de 12,2 milliards d’euros liées à la couverture des créances douteuses a pesé sur ses comptes du quatrième trimestre. Par conséquent son ratio de solvabilité Tier 1 sera trop bas à seulement 8%. Elle a par ailleurs indiqué qu’elle n’allait pas verser de dividendes sur certains instruments de dette tant que ses ratios ne seront pas meilleurs. La Bourse de Milan n’a pas apprécié la nouvelle: le titre perd près de 5,7% à 26,43 euros à mi journée.

D'ailleurs la BCE a demandé à plusieurs banques de soumettre d'ici au 28 février un projet détaillant la manière dont elles comptent réduire l'encours de leurs créances douteuses, a déclaré aujourd'hui une source au fait du dossier à Reuters. UniCredit a ainsi dit lundi qu'il lui avait été demandé de soumettre un tel projet d'ici la fin février. Il en va de même pour la banque génoise Banca Carige. 

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