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Banque-assurance / Sur les marchés
Banques : comment expliquer les surréactions du marché ?
Depuis 2009, les indices boursiers des banques varient bien plus que ceux de l’ensemble des cours boursiers. Et les titres des groupes bancaires, dans tous les pays de l’OCDE (Allemagne mise à part) restent en deçà de la moyenne. Patrick Artus, directeur de la recherche économique chez Natixis, s’est penché sur la question. L’économiste a souhaité savoir si cette « surréaction » des marchés était justifiée. Qu’en est-il ?
Il est indéniable que les indices boursiers des banques sont soumis à une plus forte volatilité à court-terme que la moyenne. Natixis a modélisé ce constat via une équation en mettant en relation le taux de croissance quotidien de l’indice des banques et celui de l’ensemble des indices. Plus les résultats sont bas, plus les indices sont dans la moyenne, comme en Allemagne où le coefficient ressort à 0,81. Mais pour des pays comme la France (1,09), les Etats-Unis (1,49) ou le Royaume-Uni (1,29), des différences se font jour.
Rationnellement, deux hypothèses permettraient d’expliquer le phénomène : la fragilité financière plus forte des banques et une plus forte sensibilité des profits des banques à l’activité. Or, « la fragilité des banques s’est beaucoup réduite, les profits des banques ont beaucoup fluctué, mais leur sensibilité à la croissance n’est pas plus forte que celle des profits des entreprises non financières », remarque Patrick Artus.
Si aucune de ces explications n’est correcte, quelle réponse apporter ? « Les investisseurs pensent peut-être que les actions des banques sont un actif très risqué, avec la mémoire de la crise bancaire de 2009, sans que ceci soit fondamentalement le cas », note l’économiste. En réalité, cette croyance serait autoréalisatrice. « Si les investisseurs en cas de chocs, sont massivement acheteurs ou vendeurs d’actions des banques, sans raison fondamentale à cela, ce comportement transforme les actions des banques en actif très risqué », conclut Patrick Artus.
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