« Macron a son pays en main »
« Le ministre des Finances Olaf Scholz a promis de l'air frais pour l'Europe. Parle-t-il désormais alors la langue d'Emmanuel Macron ? », s'interroge la Sueddeutsche Zeitung. « Malheureusement non. » « Le gouvernement fédéral va bientôt annoncer ce qu'il fera par la suite. » Un élément important pour la SZ qui note que ce n'est pas toujours le cas et se demande si la stratégie sera la même que celle d'Emmanuel Macron : « Je dis ce que je pense et je fais ce que je dis ».
Quoi qu'il en soit, la SZ note que depuis mai de l'an dernier, et l'élection d'Emmanuel Macron, il y a une sorte de test : quelle langue entend-on le plus ? L'allemand ou le français ? Pour le quotidien, il y a une dimension symbolique dans l'accord de coalition du nouveau gouvernement allemand, qui place le chapitre consacré à l'Europe en début de texte : « Le gouvernement veut signaler à son voisin de l'ouest que Berlin va prendre au sérieux les grandes idées de réformes de la France ». Mais « y a-t-il plus que de la symbolique ? » se demande le journal. « Quand il s'agit de projets concrets, le gouvernement donne l'impression, après les premiers jours, qu'il est comme un citoyen en vacances dans un pays étranger. Il comprend la langue du pays d'accueil, mais ne peut pas parler lui-même. Ca suffit pour commander une bière mais pas pour cuisiner un menu complet ». Aussi, la SZ note qu'Olaf Scholz va avoir un devoir assez difficile : être responsable de la politique européenne. Avec d'un côté son parti, le SPD, qui va s'attendre à « ce qu'il atteigne la main des Français et se distancie de la politique de rigueur de Wolfgang Schäuble » et de l'autre, l'Union (CDU et CSU), qui « attend que le ministre des Finances SPD ne jette pas l'argent par les fenêtres ». En résumé, selon le quotidien, « pour Scholz, il ne vaut mieux par faire de vagues ».
Le Spiegel en tout cas se félicite de voir que la France a « pour la première fois depuis 2007 » respecté les règles budgétaires européennes, avec un déficit sous la barre des 3% du PIB. Une façon pour Emmanuel Macron de « regagner de la crédibilité à Bruxelles et à Paris ». Le journal local Augsburger Allgemeine note quant à lui qu'« après un an au pouvoir, Macron à son pays en main ». « Ni les protestations de masse ni les pertes annoncées pour les retraités ne peuvent lui nuire ». Pour le quotidien, « il profite de la faiblesse des autres », car les partis d'opposition doivent se reconstruire après leurs défaites respectives. Résultat, malgré le nombre conséquent de personnes mécontentes, l'Augsburger Allgemeine note qu'il gouverne « dans une atmosphère de calme politique ». Et concernant la politique européenne, « soudainement il ne s'agit plus de l'Allemagne qui attend la France, mais l'inverse ».
L'Allemagne quant à elle affiche une consommation intérieure solide, selon le baromètre HDE de la consommation, relayé notamment par le Handelsblatt. « En avril, pour le 3ème mois consécutif, il a augmenté. » La raison ? « Des revenus croissants dont profitent les consommateurs et les commerces ».
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